Il est évident : la phase trans-dimensionnelle que l’humanité est en train de vivre s’appuie essentiellement sur les vertus découlant de la polarité féminine. Elle induit le recours, entre autres, à l’intuition beaucoup plus qu’à la raison et à d’autres qualités qui semblent avoir supplanté les particularités masculines aux yeux du divin ! C’était donc logique qu’elles fussent plus nombreuses. Et le fait que nous, les deux « mâles », sommes en train d’apprendre à nous éveiller à la polarité féminine encodé en notre êtreté a fait que, très rapidement, nous nous étions sentis en une agréable symbiose avec cette dominante énergie féminine. Bref, l’impression initiale de déséquilibre se dissipa en un éclair tant il est vrai que femmes et hommes ont quasiment oublié leurs spécificités respectives pour se couler dans un moule qui doit bien être celui qui enfantera, dans la cinquième dimension, l’androgyne primordial…D’ailleurs la trentaine d’heures de communion, à cheval entre la journée du 28 septembre et celle du 29, que les 14 « michlos »– c’est ainsi qu’on appelle les pèlerins au mont Saint Michel- ont partagé à cette occasion, me semblent, avec le recul, comme une sorte de préfiguration de ce que serait, justement, la vie en cinquième dimension. Si ce n’était pas un avant goût d’une humanité ascensionnée, alors ce serait quoi ?

Le rapport au temps ? Il a si changé qu’il semble avoir subi une foudroyante contraction. Les trente heures me parurent s’être contractées à la valeur d’une seconde. C’est en tous cas mon propre ressenti. Pourtant bien des choses y ont été vécues et pleinement vécues ! Ce serait pour la raison –entre autres - que le programme de ces de 30 heures fut agencé plus sur les impulsions du moment que sur les rigueurs d’un programme préétabli.

Les rapports interindividuels ? Ils s’y sont articulés plus sur le Soi christique de chacun que sur son moi égotique. Sans que cela veuille dire que ce dernier a complètement disparu, loin s’en faut ! Mais dès qu’il tentait une percé chez l’un ou l’autre il était rapidement enseveli dans l’aura d’amour collectif qu’irradiait le groupe ! De quelque coté que je tourne, je ne voyais plutôt que des radiances d’amour. Un amour nouveau… inconnu… la preuve : je me suis découvert une qualité que j’ignorais : être capable d’aimer plus d’une femme à la fois et… sans pulsion libidique ! Ce qui est un exploit !

Le rapport aux « autres » ? Au personnel de l’hôtel, aux pèlerins, aux voisins de table ? Il a été verticalement transporté aux cimes de la cordialité et de ce qu’on appelle la chaleur humaine. Une résidente à l’hôtel, ayant constaté que les membres du groupe étaient tous habillés de blanc autour de la table du diner, ne se retint pas d’avouer, qu’il était inutile de nous habiller en blanc puisque un nimbe de lumière angélique survolait la table ! Quant au directeur de l’établissement, il fit presque don de l’imprimante de son ordinateur, pour les incessants besoins du groupe en la matière ! La pointe paroxysmique de cette verticalité aura été la rencontre bien sûr « hasardeuse » avec trois compères qui se meuvent complètement et , me semble-t-il, définitivement, en cinquième dimension : accès automatique aux annales akashiques, contraction et dilatation du temps à volonté, vision holographique du temps à partir du non temps, contrôle du mécanisme de la montée et de la descente du taux vibratoire et j’en passe. Aymeric, Yann et Pascal (qui résident, en plus, autour de Bugarach) se sont fondus dans le groupe comme un poisson dans l’eau. C’étaient simplement de très veilles connaissances qui ont savouré au cours d’une brève séquence des retrouvailles en troisième dimension !

Tout le séjour aura été marqué du sceau de la synchronicité, de la fluidité et de la communication parfois silencieuse de l’amour. Et la fête proprement dite ? Ce fut carrément une sortie hors du temps, une jonction avec l’éternité ! C’est ainsi que je l’ai personnellement vécue. Après le diner, la file de silhouettes humanoïdes habillées en blanc s’était retrouvée sur le haut d’une des tours qui enceint le magique abbaye lequel a commencé à être construit, je ne sais avec quels grues, il y a treize siècles ! Avec comme toit un ciel d’un parlant silence, à la fois solennel et tendre et, déposés sur le pavé accueillant de la tour, les outils techniques de la fête : des sacs pleins de verre, de serviettes, de gâteaux et de trois bouteilles de champagne !

Imaginez un peu la scène : quatorze fous de Dieu debout, tout habillés de blanc, se tenant par la main et formant une couronne communielle d’amour sous la lumière d’une lune et d’étoiles qui se sont mises de leur coté à être partie prenante de la fête à travers la doucereuse lumière qu’ils projetaient ! Et quand ils se sont mis à chanter, tour à tour, en sanskrit le « Om Mane Pedeme Hum », en latin « L’Ave Maria », en araméen, la prière que Jeshoua lui même chantait, ainsi qu’une mélodie inspirée par un chœur d’anges à un des participants pour habiller en musique les cinq syllabes sacrées révélées par Métatron, des états presque extatiques seront atteints! Il n’y a pas eu que des chants : un rituel de guérison a été prodigué à une amie souffrante. Certes la douleur reparaitra le lendemain, mais qu’importe ! Le spectacle des 26 mains vibrant de foi imposées autour de son corps frémissant de promesses de guérison était saisissant en soi ! Il y eut du rire aussi ! Pouvait-il être absent alors qu’il est l’expression méditative de la joie structurelle ? Un amusant exercice pratiqué dans les cours de sociologie s’est invité à la fête de l’archange. Cela consiste à souffler une phrase dans l’oreille d’un ami lequel se charge de la souffler à l’oreille d’un autre jusqu’à ce que le mot ait fait le tour de tous les amis. Au final il est drôlement transformé : mais, peut être parce que la sincérité et la vérité étaient souverains en ce coin du ciel il n’y eut pas, contrairement aux usages, de grande falsification.

La Lumière veillait. Et avec quelle finesse et éloquence ! Elle a pris la forme d’un oiseau luminescent qui a fait soudainement irruption dans le ciel dessinant de gracieuses figures chorégraphiques et accompagnant de sa danse enchanteresse, autour du dôme effilé de l’abbaye, toutes les péripéties de la fête. Il pouvait être accompagné mais il a voulu était seul, il pouvait choisir un autre espace loin du champ visuel du groupe pour le faire, mais il a bien voulu qu’il fût visible. Il voulait dire qu’il était, lui aussi, heureux comme nous l’étions. Et quand la prière de Jeshoua se fit entendre, il s’immobilisa selon un témoin oculaire, figé par les touchantes vibrations christiques! Les filles, redevenues adolescentes, poussaient des cris de ravissement parfois proches de ceux qu’elles libéraient, dans le temps, à la vue des Beatles à chacune de ses élégantes gestuelles ! Le ciel s’est transformé en scène céleste ! C’était ma-gi-que !

Pour, je cois, la totalité des membres du groupe, c’était l’énergie de Saint Michel qui aurait pris la forme d’une colombe lumineuse et joyeuse. Il voulait nous dire qu’il était avec nous, dansant de joie, d’amour et de bénédiction. Et quand un verre rempli de champagne s’avisa de tomber d’entre les mains d’un ami et déversa son précieux contenu l’idée que ce pouvait être le signe d’une éventuelle inconduite fusa : non rectifia Catherine ! : « C’est Saint Michel qui nous rebaptise avec le champagne !» Ca doit être ca !

par emmanuel omar