Les étudiants grévistes ont été chassés de la fac à 5h30 du matin.

Tout est en place, l’armée occupe plusieurs zones, le terrain d’aviation du Polygone, l’hippodrome de Hoerdt, une butte de parapente à Mundolsheim, la base aérienne d’Entzheim, etc. Des centaines de gendarmes et de policiers en uniforme et en civil quadrillent la ville et patrouillent par groupes de 4.

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Des panneaux ‘interdiction fleurissent partout, préparant les Strasbourgeois à la fermeture totale des zones rouge et orange.

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Les rassemblements de plus de deux personnes sont interdits. Les drapeaux Pace No to Nato sont pourchassés des fenêtres et balcons. Les distributeurs de tracts sont interpellés, leur identité notée, leurs sacs fouillés.

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Un semaine avant l’événement proprement dit, c’est déjà l’état de siège à Strasbourg et la fin des libertés démocratiques élémentaires, à commencer par la liberté de circuler et la liberté d’exprimer ses opinions.

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Tout se passe comme si l’Etat expérimentait chez nous en Alsace, un ordre nouveau qui pourrait s’étendre ailleurs en cas de besoin. Vous croyez ces remarques exagérées? Alors voici quelques exemples non limitatifs.

place-des-arts-cnu-024.1238280212.JPG Témoignage

Contrôle angle boulevard de Lyon- rue de Molsheim à Strasbourg devant la pharmacie de la porte de Schirmeck le samedi 28 mars 2009 à 15H.

Raison invoquée par les flics: “prise de photos“. Mes enfants fumaient leur cigarette sur le trottoir et ont pris en photo le drapeau que je venais d’accrocher à la fenêtre. Il y a eu contrôle avec vérification d’identité pour voir si non inscription au fichier.

Fouille complète du sac à dos et des effets personnels avec questionnement. Fouille par palpation. Quand le contrôle a commencé, les flics ont dit: “on va s’amuser“.

Notez de plus l’infraction commise par le véhicule de police stationnant sur un passage protégé.

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Un drapeau encore suspect…

La campagne « la paix sur tous les balcons » a pour objectif de faire entendre la voix des strasbourgeois face a l’OTAN, une organisation impérialiste porteuse de guerre qui les prend en otage la première semaine d’avril.

Dès le début de la distribution des tracts, il n’a pas été rare d’entendre des passants avertir : « Attention, la police n’est pas loin, vous allez avoir des problèmes ». « Je suis d’accord avec vous, mais je ne voudrais pas être embêté ! ». « Est-ce qu’on a le droit d’afficher des drapeaux à sa fenêtre ?». « Est-ce que tu penses que si j’affiche un drapeau à ma fenêtre, mon copain, qui n’est pas français, peut avoir des problèmes ? »

C’est vrai, les militants faisaient leur distribution avec de dangereuses armes sur le dos : des drapeaux de la paix ! Et les habitants auraient eu bien tort de s’associer à cette manifestation terrible d’une opinion politique si forte : nous voulons la paix ! Nous voulons le dire armés de… drapeaux !

Quelques drapeaux ont fleuri dans les rues de Strasbourg… puis, il y a eu les passages des forces de l’ordre dans les appartements de plusieurs personnes qui ont eu (malgré le climat de peur et de tension qui règne à Strasbourg), le courage d’afficher leurs convictions pacifistes. Encore ce jeudi un paisible habitant de Srasbourg c’est vu intimer l’ordre de retirer son drapeau sous peine de garde à vue

Mais cela ne s’arrête pas aux visites d’appartements…..

Simon se promenait avec son bébé et sa compagne, et il a eu le malheur d’accrocher à son vélo le drapeau « pace – no to nato ». Suivi par un car de CRS, la petite famille s’est fait finalement contrôler par des policiers en civil. « On a eu l’ordre de contrôler toutes les personnes qui ont ces drapeaux, mais rassurez-vous on n’est pas en train de vous ficher » disaient les policiers à Simon.

Le vendredi 27 mars au soir, place du château juste à coté de la Cathédrale, Vanessa, Maria-Teresa, Diego et Jean-Charles qui sortaient d’une fête entre amis, avaient des drapeaux à leur dos ou dans le panier de leurs vélos. Ils se sont également fait contrôler. Impossible pour les policiers de dire qui leur avait donné l’ordre, mais en tout cas ils ont affirmer ne pas s’arrêter là !!

Ce qui est scandaleux, c’est que les autorités cherchent à faire croire aux habitants de Strasbourg que les opposants au sommet de l’OTAN sont tous de dangereux casseurs qui vont semer la terreur dans la ville. Ce qui est scandaleux, c’est que plusieurs millions d’euros seront dépensés pour la sécurité du sommet de l’OTAN, alors que les organisations militantes peinent à regrouper l’argent nécessaire pour faire entendre une autre voix.

Faisons entendre notre voix, malgré les intimidations constantes, promenons nous tous avec nos drapeaux et nos messages de paix !

Contact presse :

drapeaux.paix@gmail.com

drapeaux.paix.over-blog.com

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source: schlomoh.blog.lemonde.fr

Publié par colombus