Une croyance est une idée ou pensée que l’on a longuement cultivée et tellement entretenue qu’on ne la remet plus en cause. Elle semble totalement crédible, authentique et inébranlable à notre fonctionnement intérieur et sert de véritable fondation à notre structure psychique. À tel point que cette croyance, devenue partie de nous-mêmes, va teinter toutes nos perceptions. Ainsi, toutes nos émotions, comportements ou actes seront complètement conditionnés par ce que nous croyons.

Dès lors, nous sommes régulièrement à la recherche inconsciente du moindre indice qui nous prouve notre présupposé originel. En fait, nos croyances qui sont actualisées par nos comportements (verbaux ou non verbaux) vont altérer nos perceptions du monde extérieur. Dans une circonstance précise, la croyance de base va générer une pensée (jugement de la situation par exemple). La pensée va ensuite provoquer une émotion. Cette émotion va être ressentie dans chacune de nos cellules et ainsi va crédibiliser puis concrétiser la pensée.

Ensuite, la pensée va produire un comportement ou acte en totale concordance avec la croyance initiale, c’est-à-dire teinté inconsciemment par cette dernière. Comme nous récoltons ce que nous semons, nous constatons alors la confirmation de notre croyance de départ qui en sortira renforcée. C’est comme si notre personnalité de survie faisait tout pour confirmer sa croyance de départ. Et voilà comment la personnalité de survie (faite de différents MOI) fait tout pour se survivre à elle-même… Distinguer « le miroir » de ce mécanisme est le « jeu » de la Vie.

De fait, nos croyances nous permettent de communiquer avec notre inconscient. Car en optant pour une croyance (consciemment ou non), nous demandons au mental qu’il nous la confirme. Lorsqu’une circonstance extérieure se produit, notre manière de l’interpréter est bien plus déterminante que le fait lui-même. La signification que nous lui attribuons va déterminer l’effet que ce fait aura sur nous et sur notre vie… Si les croyances transforment nos pensées et nos actes, elles sont également capables de modifier notre physiologie à travers le fameux effet placebo !

Comment prendre conscience de nos croyances ?

Simplement par l’observation de nos mécanismes intérieurs, tout en se questionnant sur nos croyances, en étant au contact des faits. Évidemment, pour créer des changements significatifs dans nos comportements, nous devons modifier les croyances qui nous enferment dans la prison de nos mécanismes de survie. Ainsi nos croyances ont la faculté de nous créer et celle de nous détruire…

Quelles sont les principales croyances de base ?

La croyance originelle, sur laquelle s’appuie toutes les autres est le fait de croire que la vie s’ordonne grâce à notre contrôle personnel et la perspicacité de notre mental. Les victimes de cette illusion sont complètement déconnectées de la perception du mouvement de Vie ainsi que l’organise l’Intelligence Créatrice Universelle… Ensuite, par « l’effet dominos », les autres croyances limitantes emboitent le pas. Notamment celle qui consiste à croire que nous sommes un individu séparé. De fait, l’illusion de la séparation nous isole et nous fait présupposer que nous sommes en situation de danger permanent. Cela induit tout naturellement le désir de protection, avec pour conséquence d’ouvrir la porte aux conflits, ce qui altère la qualité relationnelle avec autrui. Ensuite intervient la croyance que l’éphémère (social, économique, familial) requiert toute notre attention et toutes nos ambitions (profession, possessions) comme si les éléments temporaires et fugaces de notre vie étaient soudainement dotés des attraits d’une grâce perpétuelle, comme si les choses relatives et provisoires s’investissaient du désir de l’absolu. Il va de soi que des comportements aussi déraisonnés ne peuvent qu’engendrer la souffrance lorsque les objets de nos investissements s’anéantissent. Et puis il y a la croyance qui nous fait quêter en vain notre bonheur vers l’extérieur, comme si nous supposions qu’il puisse exister des personnes capable de nous l’apporter. La dernière de ces croyances de base consiste à croire en la prépondérance de la pensée et donc de la sphère intellectuelle. Justement, dans le domaine spirituel, nombreux sont ceux qui fantasment à partir des idéaux construits par la pensée, et de ce fait ne pourront jamais rien atteindre.

Mais alors, pourquoi croire aux croyances puisque ce sont des croyances ?

Parce que nous sommes tissés par des croyances, parce qu’en nous, chaque « MOI » est la petite voix d’un manque. Parce que ce « Moi qui manque » est le fondement de la construction psychique. C’est donc une nécessité pour l’individu qui doit acquérir dans son incarnation des caractéristiques propres. Tout en puisant dans ses stratégies de survie les spécificités qu’elle développe, la personnalité va donc s’épuiser dans sa quête extérieure dans le but se retourner enfin vers l’intérieur. Comme si à un moment donné, il paraissait impérieux de retourner ses yeux au-dedans de soi…

Mais alors, si nous voulons vivre autrement, devons-nous croire autrement ?

À ce sujet, la théorie de la mécanique quantique nous indique qu’une bonne partie de la réalité est créée par l’observateur. En effet, lors d’une observation, l’interférence entre celui qui observe et le « sujet quantique observé » conduit à supprimer l’état de la « fonction d’onde ». Sans l’observateur subsisterait la dualité particules-ondes. Mais cette dualité – symbole de la superposition des états quantiques – disparait avec le « contact » de l’observateur. Il ne reste alors que les particules, puisque l’observateur à fait « fuir les ondes » en même temps que la superposition de tous les possibles. C’est comme si la Conscience Universelle entrait en contact avec elle-même – et nous invitait aussi à le faire – par l’intermédiaire de la Présence. Et en étant un observateur présent dans son intériorité, il va de soi qu’on modifie non seulement la fonction d’onde, mais bien évidement ses croyances. Il est donc clair que l’homme est le seul « système quantique » capable de s’auto-observer. Par ce fait, il modifie des états dans lesquels sont contenus des probabilités. La qualité de celui qui s’observe est donc déterminante. L’éveil spirituel serait ainsi un état latent, qui existerait déjà en nous dans la superposition des états. Donc un état prémédité par la Conscience Universelle à l’orée de notre filiation… L’univers en expansion, est une matrice dans laquelle nous sommes partie prenante. À travers notre ressenti, nous participons activement au déploiement de la Conscience. Tout ça pour expliquer la loi d’attraction. L’Univers est un lieu de bien absolu, qui nous donne ce que l’on désire, pour peu que l’on ne reste pas focalisé sur l’absence de la chose désirée. Mais la Vie est aussi « l’école de notre miroir ». Je veux dire qu’avec un peu d’attention nous pouvons comprendre le lien étroit entre ce que l’on désire et nos reflets qui se projettent sur nos expériences de Vie. Cela revient à dire que nos pensées créent notre futur. Ainsi s’harmoniser intérieurement correspond à une similarité de fréquences vibratoires entre ce qui est désiré et ce qui est pensé. Pour revenir à cette histoire d’onde, nous sommes comme des émetteurs qui se mettent à émettre dès lors que nous posons notre conscience quelque part. L’attention étant une chose subtile et puissante, il est préférable de la poser sur la Présence que sur des croyances limitantes que nous devrons un jour ou l’autre chercher à transformer ! Si utiliser les principes de la loi d’attraction dans sa quête spirituelle est une exigence pour beaucoup, certains peuvent s’interroger sur son opportunité dans la phase suivante : celle de l’abandon de la quête. En effet, pour celui qui arrête de chercher à combler un manque fictif, le seul « désir » restant est celui d’être UN avec ce qui EST… Mais est-ce encore un désir ? Car au-delà des « ailes du désir » et bien loin des croyances, être en accord avec CE QUI EST ressemble davantage à une fonction intrinsèque de l’attention. Si l’homme considère qu’il a la liberté de croyances, sa vraie liberté consisterait à ne plus croire !

Nous ne sommes pas ce que nous croyons !

Nous croyons que nous sommes nos croyances, mais en fait nous n’avons même pas le libre arbitre. Les croyances, comme les idées ne nous appartiennent pas. Nous les faisons nôtres en imaginant que nous avons le pouvoir de notre volonté… Encore une croyance ! Car d’où vient l’énergie qui en moi me pousse à agir, penser ou m’émouvoir ? En fait, la vie nous apprend à vivre pour exister et non pas à vivre pour devenir ce que nous ne sommes pas et que nous imaginons pourtant vouloir. Ce sont les croyances qui nous font devenir ce que nous ne sommes pas. Toutes les croyances que nous avons glanées puis absorbées dans notre environnement de conditionnement. Ce sont nos croyances, une fois que nous les avons revendiquées et assemblées, qui deviennent nos idées et se sont ces idées que nous voulons inculquer aux autres, et d’ailleurs le plus souvent pour leur bien…. Ainsi va la vie dans le relatif, là où les hommes existent en tant qu’étiquettes, comme une photocopie en partance vers la dégradation, que les individus photocopient à l’infini de leurs croyances, jusqu’au conflit individuel et collectif, jusqu’à l’absurde de cette civilisation dédiée à l’intérêt personnel. Le mouvement de vie est un mouvement d’amour qui relie et l’amour n’a pas de croyances, pas de religion, ni de tradition privilégiées…

Défendre les étiquettes et les croyances que nous nous mettons sur nous-mêmes et les autres, nous empêche de réaliser l’être Universel que nous sommes. Nous ne sommes pas plus ceci que cela puisque nous sommes le Tout… Alors, personne ne peut avoir raison ou tort, puisque chacun est réellement une partie du Tout. Alors lâchons prise ! Le lâcher prise c’est aussi lâcher ses croyances et d’abord celle de se croire un individu séparé. Il suffirait d’être intimement persuadé d’être l’Être Universel que nous sommes, sans le moindre petit doute, et nous le serions puisque nous le sommes déjà. Impersonnel veut dire sans personne, voilà bien ce qui qualifie la Conscience Universelle que nous sommes, la joie et l’Amour en plus ! Avec l’éveil spirituel, il n’y a en effet personne pour souhaiter quoi que ce soit. Aussi il est grand temps de rendre le pouvoir à la vie et de se « laisser saisir » par la Vie et par l’instant présent, et non l’inverse. On ne peut saisir l’instant présent, car dans l’acte de saisir, il y a encore une volonté d’appropriation… Capituler, voilà comment transfigurer l’ego. Là, il n’y a pas d’acte de préhension sur quoi que se soit. C’est la parfaite humilité, dans l’acceptation consciente de n’être rien… Mais accepter c’est se retirer sans effort de ce qui EST, c’est-à-dire ne plus mettre des intentions cachées sur nos perceptions. Beaucoup de chercheurs spirituels vont plutôt « avaler de force » cet état d’acceptation désiré. Car la vraie acceptation, n’est pas un acte héroïque où celui qui l’utilise se pare en même temps qu’il l’accomplit, d’illusoires valeurs sacrées. Encore une fois, l’acception n’est pas l’effort de celui qui se force à avaler une expérience difficile de sa vie, comme s’il s’efforçait d’avaler une gélule médicamenteuse trop grosse pour lui. Même si certains ont pu accueillir des circonstances particulièrement douloureuses et y trouver l’éveil, c’est avant tout être à 100% en accord avec la plus simple futilité, c’est-à-dire : être un avec ce qui est. Et dans l’attention réelle à ce qui est, il ne peut y avoir qu’abnégation puis renoncement du sujet qui perçoit dès lors que celui-ci constate et intègre au plus profond de lui qu’il n’a aucun pouvoir sur aucunes circonstances extérieures, ni sur aucun état intérieur qui se meut en lui… C’est bien dans cet abandon au mouvement de Vie qui vit en lui qu’il renonce alors à lui en tant que sujet percevant…

Dans beaucoup de traditions, il est assez facile de mettre le mental en pause. Mais cet état de vide est encore un état. C’est un objet intérieur créé par le mental lui-même, une sorte d’écran blanc. Et il y a toujours quelqu’un pour connaître cet objet. Or l’éveil spirituel implique qu’il n’y ait plus personne pour connaitre quoi que se soit, y compris cette pause mentale qui s’apparente à une longue pensée de vide et de silence… Mais cela reste une longue pensée objectivée que le chercheur spirituel se créé pour se donner des expériences, et là clairement il y a intention derrière la perception. En fait les pensées n’ont pas besoin de s’arrêter, il convient de les observer comme n’importe quel évènement extérieur, puisque c’est ce qu’elles sont. Toute quête spirituelle effectuée à travers la diversité des traditions ne sert en fait qu’à épuiser le chercheur spirituel. Car tant qu’il cherche l’éveil, il ne peut pas le trouver ! Le chercheur qui arrête de chercher peut avoir la sensation que ce qu’il perçoit est ce qu’il est. Mais dans ce cas, s’il trouve trop de simplicité, d’ordinaire ou de banalité, alors c’est qu’il ne distingue pas bien ce qu’il refuse. Accepter de n’être rien c’est s’effacer, mais pas dans l’intention d’être le Tout. La voie du cœur permet justement de « contourner le chercheur spirituel par le haut » qui peut alors devenir le Tout, puisque l’amour contient tout… La « voie de l’effacement » implique déjà de devenir « le rien » pour devenir le Tout. Ces deux voies peuvent naturellement être menées en superposition, comme les états quantiques… Soyons aussi conscient des souffrances que nous causent tous nos attachements, car ils nous privent de liberté par la laisse de leurs dépendances. Observons aussi que ces addictions nous incitent à parer les objets de nos attachements de parures qu’ils n’ont évidemment pas… Quand le mental devient imagination, c’est qu’il y a projection de désir et s’il y a désirs, il y a l’empreinte d’une blessure à combler… Il nous faut simplement « agir en âme et conscience » par la grâce de l’attention. Car celui qui dit savoir, ne sait pas ! Pour comprendre vraiment, il ne faut plus savoir. Comprendre suppose de n’avoir aucun point de vue préalable.

L’univers est fractal et nous contient ! Plutôt que de changer le monde, il semblerait plus judicieux de se connaître dans notre totalité, ce qui changera notre regard sur les autres et le monde, bref sur la Totalité que nous sommes… Puisque nous pouvons observer les événements extérieurs avec le regard d’un spectateur non-impliqué, nous pouvons faire de même pour les évènements intérieurs (pensées, sensations, énergies, émotions) et ainsi plonger au plus profonde notre être. Pour revenir aux croyances, croire en Dieu ce n’est évidement pas trouver Dieu... Les croyances sont une fuite du réel, une obstruction. Une croyance n’est qu’une projection de l’individu sur ce qu’il ne connait pas. Croire donne l’espoir et console. Ceux qui gouvernent le monde disent croire en Dieu. Mais quand on regarde l’état du monde on voit que leur croyance ne les empêche pas de détruite la planète et d’affamer la moitié de l’humanité ! Croire en Dieu n’a pour conséquence que de s’attacher à la croyance tout en tournant le dos à l’expérience de la réalité ultime. Vous êtes vos croyances, donc ce que vous pensez. Et par conséquent, vous ne pouvez pas vous reconnaitre dans les conditionnements que l’on vous a inculqués. Les croyances sont toujours opposées, divisées, celles que certains défendent jusqu’au conflit armé ! Depuis 60 ans de droits de l’Homme, l’ONU ne peut imposer la Paix… Tant que chacun revendique ses croyances comme une appartenance à un clan identificatoire, les droits humains ne deviendront pas Divins.

Arriver au silence non intentionnel, permet à l’individu d’entrer en relation avec l’existence au fond de lui. Cette existence qui se déploie à partir de son essence, là où il n’y a personne pour parer d’une quelconque intention ce qu’il perçoit. Dans cet état de non-état, il n’y a plus personne pour émettre la moindre intention. Comprendre qu’il n’y rien à comprendre, ni rien à chercher, fait taire les velléités de notre mental en quête. Accepter de n’être rien fait naitre au milieu d’une grande immobilité une formidable attention qui seule permet de se fondre en la Vie.

Tant que l’intérêt personnel prime, il y a conflit entre la Vie et celui qui est l’auteur de cet intérêt. Et cet intérêt est le plus souvent de maintenir une personnalité de survie, conforme à ses croyances, afin d’éviter la confrontation avec la vacuité de sa véritable nature. Se déconstruire signifie déjà comprendre les mécanismes inconscients qui nous gouvernent et qui créent nos projections. Y compris le fait de courir après un idéal spirituel qu’on n’atteindra jamais puisque ce mouvement « d’aller vers » est une fuite de « ce qui EST »… Alors vraiment ne pas entretenir ses croyances est une nécessité. Nous ne sommes même pas libres de croire, car nos croyances ne nous appartiennent pas. Nous les avons fait nôtres en fonction des empreintes de nos blessures et des conditionnements générés par notre environnement. La vie est faite (comme un mouvement) pour aller se perdre à l’extérieur de manière à se retrouver à l’intérieur. Le monde va comme il choisit d’aller, et dans cette compréhension il n’y a personne pour juger. Seul l’absolu existe, puisque chacun vit dans sa représentation du monde, et que celle-ci divise, sépare et oppose les individus entre eux. Dans ce processus énergétique, l’expansion de l’univers fait évoluer notre point de vue en toute interdépendance avec nos semblables. La moindre prise de conscience individuelle influence nos semblables, puis est répercutée jusqu’à l’origine de notre essence commune. Mais cette extrême diversité fait agir chacun dans son coin, la mutualisation n’étant pas encore prête… mais à venir. En effet, fédérer c’est fraterniser pour construire la force du partage, c’est-à-dire traduire dans le visible l’émergence de la Conscience. Et c’est bien la « mission » de Divine Attitude que nous vous invitions à partager…

En comprenant la Vie, nous pourrons contribuer à l’établissement d’une civilisation basée sur le partage d’une fraternité consciente selon la loi d’harmonie reflétant le principe d’amour qui gouverne l’univers afin de guider toutes choses pour notre bien. Alors, laissons-nous exister sur le long fleuve tranquille de la Vie en considérant nos croyances pour ce qu’elles sont : des créations illusoires de notre mental !

Bruno Berthelot Association Divine Attitude (pour une Fraternité Consciente)

www.divine-attitude.org contact@divine-attitude.org

Le mouvement spirituel Divine Attitude sera présent lors des Journées Internationales de la Spiritualité Laïque à Tours les 3, 4 & 5 avril 2009.

source: divine-attitude.org

Publié par bruno