L’amour fraternel fait un bond au-delà des apparences charnelles et psychiques, Et il est imperméable aux ombres et aux obscurités qui gémissent ou ricanent entre les rides et les grimaces des visages, Et comme la flèche de feu d’un arc de vie, Il vole droit dans le coeur de la vérité et embrasse ce qui en l’autre est tissé dans la lumière.

Il y a d’abord le regard physique, Puis le regard affectif, Et quand l’homme se secoue de sa torpeur et fait lever en lui le désir d’aller à la rencontre de son prochain, Alors il ouvre plus grand son coeur Et le regard fraternel se déploie comme une lumière nouvelle qui émerge à travers les yeux.

« Il y avait là jadis, se dit l’homme qui naît à l’amour fraternel, des frontières et des nations. Et dans ces enclos et ces carcans : des gens de ce paysci et des individus de cette contrée-là. Et entre eux le voile ténu de l’étranger. Mais j’ai ouvert les yeux à l’amour. Et je ne vois plus autour de moi que des êtres-frères dignes du meilleur de mon amour. Car purs en essence. Des voyageurs de l’infini qui portent dans leur intériorité la lumière qui guide leur vol et les conduit, comme moi, vers la réalisation de l’absolu. »

Quand l’amour fraternel brûle dans votre coeur, le pardon vient naturellement dans vos pensées et dans vos émotions, Car ce qui exprime le mal, en vous comme en l’autre, n’est jamais l’âme immortelle, Mais seulement la dynamique transitoire de l’ombre de la psyché et de l’imperfection de la chair.

Regardez donc autour de vous et au-dedans de vous, Et accordez un pardon permanent à tous, Car c’est ainsi que votre amour grandira et se transformera en quelque chose de plus vivant.

Voir l’âme immortelle en toutes circonstances, et traverser les surfaces superficielles d’ombres et d’imperfections sans quitter des yeux le ciel intérieur, C’est là le fruit d’un effort de la volonté du coeur, Et c’est là l’expression de la conscience.

Comme le soleil du matin, Dissipez les brumes de la nuit et levez-vous comme un roi intemporel, Bien haut dans le ciel de votre vie.

Mais ne déclinez pas comme le soleil, Restez au zénith de votre lucidité sans faillir, Même si vous faiblissez parfois, Et même si la somnolence vous tourne autour.

L’amour fraternel est ce qui dissoudra les murs et les barrières de la société des hommes, Car le regard fraternel révèle l’unité fondamentale de tous les êtres. Nous sommes tous des fils de Dieu, Et aucun fils de Dieu n’est au-dessus ou en dessous d’un autre, Car Dieu a doté chaque âme de la même divinité intérieure.

Et je vous entends dire derrière votre réaction au transitoire : « L’autre n’est-il pas différent de moi ? Ne vois-je donc pas que sa peau a une couleur que je ne suis pas sûr d’apprécier ? Et ses cheveux, et les traits de son visage, et le timbre de sa voix ? Ne sont-ce pas là des choses qui parfois peuvent me faire reculer d’un pas et m’arracher une grimace désagréable ? Et comment puis-je aimer celui qui me nuit et entrave ma route ? Tout autour de moi s’étend une forêt de différences et d’antagonismes. Et chacun de mes pas dans cette forêt se heurte à des choses que je ne puis aimer ou même tolérer. »

Et la montagne du refus d’aimer est construite d’une infinité de choses : Les défauts de l’autre, ses vices, ses imperfections, ses excès, ses fautes, ses erreurs…

Et je vous dis : « Élevez votre regard. Et au lieu de vous abîmer dans les attributs du mortel, allez à la rencontre de l’immortel ! Dépassez donc le regard physique, et surmontez aussi le regard affectif. Et immergez-vous dans le regard fraternel. Car il révèle une vérité plus grande : chaque homme est digne du meilleur de notre amour, parce que son essence est lumière. »

source: iwen.free.fr

Publié par bouddha_hindy