La veille devrait porter sur 15 thèmes définis dans un corpus d’une cinquantaine de sites. Le SIG souhaite recevoir un rapport hebdomadaire de tout ce qui se dit et s’écrit au sujet du gouvernement sur les sites en question. A priori, rien de mal à ça, les services de communication publique ou privée sont toujours adossés à un service de veille d’information.

L’an passé c’est la société Watch, le département de veille conseil de TBWA Corporate consacré aux phénomènes d’opinion qui avait remporté l’appel d’offres sur l’action gouvernementale dans les médias en ligne. La veille ne concernait déjà qu’une cinquantaine de sites médias alors que la veille des blogs était, elle, assurée en interne par le SIG.

Big brother contre les blogueurs Cette année, c’est l’ensemble de la veille sur les médias on-line qui sera assurée par des sociétés privées. L’information a suscité quelques débats dans la blogosphère. D’aucuns décèlent une tentation gouvernementale de surveiller les blogueurs. Alain Joannes du blog Journalistiques y voit déjà la malveillance du pouvoir: « (…) considérée isolément, chaque amélioration du suivi de la production journalistique par les organes spécialisés du pouvoir politique semble bénigne. Mais entre le conseil sollicité en 2006 et les améliorations successives de 2008, il y a une énorme différence: en 2006, le SIG cherchait à améliorer la communication gouvernementale; en 2008, il s’agit au mieux d’une veille sur la réputation de la marque « Gouvernement » au pire d’une surveillance de plus en plus serrée des journalistes ».

La démonstration n’est guère convaincante. En quoi un travail d’observation régulier d’outils d’information en accès public comme les blogs relèverait-il de la surveillance, voire d’un travail de renseignement ?

Alain Joannes se fait plus pertinent lorsqu’il écrit que « Nicolas Sarkozy n’a aucun souci à se faire du côté de la presse traditionnelle. Cet euphémisme désigne les relations personnelles que le chef de l’Etat entretient avec les patrons des groupes privés et, bientôt, avec celui du service public, qu’il nommera lui-même en toute indépendance. Mais il a du souci à se faire avec des publications en ligne qu’il ne contrôle pas - Mediapart, rue89, Backchich, voire Le Post - et qui, à l’instar du Canard enchaîné, sortent des affaires déplaisantes, que la presse traditionnelle est parfois obligée de reprendre ».

Une cellule opérationnelle de communication Les priorités du Service d’Information du Gouvernement définies par son nouveau directeur, le publicitaire Thierry Saussez, un proche de Nicolas Sarkozy, vont dans ce sens. Plus qu’un système de surveillance, le SIG entend développer les capteurs, outils d’étude de l’opinion et de communication sur Internet. Des moyens adaptés à la démarche plus opérationnelle que veut lui donner l’Elysée pour en faire une véritable plate-forme stratégique de communication. Une évolution qui marque la prise de conscience qu’au plus haut niveau de l’Etat le quatrième pouvoir se décline désormais aussi en «.fr».

Source Marianne2.fr

source: neotrouve.com

Publié par cydonia