J’avoue que cela m’a fait plutôt plaisir … Une expérience freudienne !

Mais il m’est arrivé la même chose.

Pendant sept ans j’ai vécu dans un monastère du nord-est de la Thaïlande où il y a beaucoup de collines rocheuses.

Chaque matin, nous parcourir plusieurs kilomètres à pied, sans chaussures, pour aller mendier notre nourriture.

Les routes étaient pleines de rocaille et de grosses souches. Il fallait vraiment être attentif pour ne pas se cogner les orteils sur ces cailloux pointus et ces souches d’arbres.

Je me souviens qu’un matin je me répétais « l’Attention, l’Attention, l’Attention … » et puis je me suis cogné douloureusement contre une souche.

En fait, je n’étais pas attentif : je saisissais l’idée d’Attention.

L’Attention, ce n’est pas essayer d’être quelque chose que l’on appelle attentif mais c’est faire confiance, se détendre, être présent. C’est aussi simple que cela.

C’est comme ici, en méditation, si vous vous dites qu’il faut absolument pratiquer au maximum, vous forcer à faire de votre mieux … observez, voyez cette façon compulsive de vous accrocher même à l’idée de méditer.

Nous pouvons pratiquement faire de l’Attention le but de notre existence sans même réaliser qu’en agissant ainsi, nous ne sommes plus attentifs.

Nous sommes attentifs quand nous réalisons soudain que nous sommes obsédés par l’Attention ! Je le vois, je prends conscience des images que je m’en fais, de ma façon de m’y accrocher … et je lâche !

Il s’agit donc de lâcher prise, de se détendre et de faire confiance plutôt que de forcer les choses, de contrôler, d’agir selon nos idées ou celles d’un autre.


Extrait de " L ’ E v e i l , c ’ e s t M a i n t e n a n t ! "

du Vénérable Ajahn Sumedho

Traduit par Jeanne Schut

source: forestsangha.org

Publié par élève-et-maître