Le Mémorial de l’Holocauste à Washington a rendu public les 166 clichés pris par Karl Höcker, officier SS, adjoint du commandant du camp d’extermination d’Auschwitz, pendant la période printemps-été 1944, intervalle de temps pendant lequel les convois de déportés juifs hongrois terminaient leurs voyages dans un monde de cauchemar.

Ces photos montrent des officiers nazis et leurs auxilliaires féminines en train de prendre un bain de soleil sur des chaises longues lors d’une pause, ces mêmes officiers souriants, attablés dehors, prenant l’apéro, la chorale des dignitaires d’Auschwitz (la photo ci-dessus, Mengele étant le 4ème en partant de la droite au 1er rang) et tant d’autres…

Pendant que l’élimination de dizaines de milliers d’êtres humains se poursuivait à un rythme soigneusement planifié, ‘digne’ des meilleures organisations de travail en société capitaliste, cet homme, marié et père de famille, constituait un album souvenir, demandait à ses ‘collègues de travail’ de prendre des poses, de sourire, prenant la vie du bon côté malgré ce ’sale boulot’.

Cette insensibilité majeure devant l’atroce, ce détachement vis-à-vis d’une réalité confondante d’ignominie, pourtant plus que proche, sont au-delà de l’imaginable.

Ce n’est pas de l’infra-humain, ni de l’animalité. Les animaux, depuis l’aube des temps géologiques, ne se sont jamais comportés de cette façon.

C’est une mise en parenthèse de la conscience, un crash, une éclipse de l’âme, dont l’ouvrage de Jonathan Littell, Les Malveillantes, rend bien compte.

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source: taomugaia.blog.lemonde.fr
Publié par Aladin