Cependant, si aux Etats-Unis, les association constituées pour la défense d'un intérêt collectif, notamment la protection de la santé, la défense des consommateurs ou de la famille sont recevables à agir pour une action groupée destinée à la défense des droits des victimes, en France il en va tout autrement. Un projet de loi récent, soumis au Parlement, inspiré du modèle américain et adapté au droit français, visant à mieux préserver les intérêts des concitoyens, fut tout bonnement abandonné sous la pression de groupes industriels et commerciaux. Quand à la clause de conscience admise pour les objecteurs de conscience dans des pays occidentaux, la France n'en est qu'aux balbutiements.

La problématique du thimerosal fut déjà débattue officieusement en juin 2000, quand sous l'égide du CDC [Center for Disease Control] , un groupe de scientifiques et d'officiers de santé du gouvernement américain se réunit à Simpsonwood dans un centre de retraite méthodiste isolé qui favorisait le secret. L'événement était d'importance, mais l'agence s'était gardée d'annoncer publiquement la réunion et n'avait invité que 52 personnes. Les invités étaient triés sur le volet. Certains faisaient partie du CDC ou de la FDA [ Food and Drug Administration], d'autres étaient les spécialistes de la vaccination de l'OMS. Enfin, on pouvait y rencontrer les représentants des principaux fabricants de vaccins, tels GlaxoSmithKline, Merck, Wyeth et Aventis Pasteur.

Ce beau monde avait été rassemblé pour discuter d'une récente étude qui soulevait d'importantes questions sur la sécurité des vaccins administrés journellement aux nouveau-nés et aux jeunes enfants. D'après Tom Verstraeten, un épidémiologiste du CDC qui venait d'examiner les données médicales de 100.000 enfants, il était apparu de manière irréfutable que le mercure contenu dans les vaccins était responsable de l'effrayante augmentation d'autisme et de désordres neurologiques chez ces enfants.

Verstraeten a cité les nombreuses précédentes études qui démontraient bien les liens entre le mercure et les problèmes auxquels étaient confrontés les enfants.

Ces données ont affolé de nombreux participants. "Vous pouvez retourner ces données dans tous les sens, les résultats sont significatifs", a déclaré le docteur Bill Weil, consultant de l'American Academy of Pediatrics.

D'après la transcription des travaux, obtenue grâce à l'intervention du Freedom of information Act, la plupart des participants s'inquiétaient essentiellement de l'impact de ces révélations sur l'industrie pharmaceutique. "Nous serons en mauvaise position pour nous défendre en cas de poursuites", a constaté le docteur Robert Brent, pédiatre à l'hôpital pour enfants Alfred du Pont dans le Delaware.

Le docteur John Clements, conseiller de l'OMS pour les vaccins, a avoué qu'"il aurait mieux valu que cette recherche n'ait pas eu lieu". Il a ajouté : "Les résultats doivent être remaniés" car l'étude risquait de tomber dans des mains étrangères et d'être "utilisée de manière différente, hors du contrôle de leur groupe".

Pour sa part, le docteur Robert Chen, chef du service de la sécurité des vaccinations au CDC, a exprimé son soulagement d'avoir conservé ces informations " hors de portée des personnes moins responsables ". N'oublions pas qu'il fut invité par la France pour participer au "consensus" de Bichat pour la relance du vaccin HB chez les nourrissons, où il s'était positionné contre l'existence même d'effets indésirables du vaccin.

En fait le gouvernement a prouvé de façon magistrale qu'il souhaitait surtout limiter les dégâts plutôt que de protéger la santé des enfants. Le CDC a recommandé à l'Institut de médecine de mener une nouvelle étude afin de blanchir le mercure et de minimiser se risques, ordonnant aux chercheurs "d'éliminer" les liens avec l'autisme. Le CDC occulta les travaux de Verstreten et raconta au Freedom of information Act que les données originales avaient été perdues et ne pouvaient donc être reproduites.

Lorsque Verstreten publia finalement ses travaux en 2003, il avait été engagé par GlaxoSmithKline et revit ses données afin d'enterrer le lien entre le mercure et l'autisme.

Les fabricants de vaccin ont alors commencé à supprimer le mercure de certaines injections administrées aux nouveau-nés américains, mais ils ont liquidé les stocks de vaccins au mercure jusqu'en 2005. Ensuite, le CDC et la FDA les ont aidés à exporter ces vaccins vers les pays en voie de développement et leur ont permis de continuer à utiliser ce produit pour certains vaccins américains, dont des vaccins pédiatriques contre la grippe et le tétanos administrés aux enfants de 11 ans.

Washington influence le CDC

Il est de notoriété publique que Wahington protège les compagnies pharmaceutiques et influence le CDC, mais nous sommes peu avertis des détails de ces affaires. Ainsi le leader de la majorité au sénat, Bill Frist, a reçu 873 000 dollars de l'industrie pharmaceutique afin de protéger les fabricants de vaccins des 4 200 procès intentés par des parents d'enfants handicapés.

A cinq différentes occasions, Frist a essayé de cacher tous les documents relatifs aux vaccins - y compris les transcriptions de Simpsonwood - et de protéger des assignations le laboratoire Eli Lilly, l'inventeur du thimerosal, dérivé du mercure. En 2002, Frist fit voter ce qu'on appelle le "Eli Lilly Protection Act". En retour, la compagnie contribua à sa campagne électorale pour 10 000 dollars et acheta 5 000 copies de son livre sur le bioterrorisme.

Le congrès abrogea le décret en 2003, mais en 2005 Frist présenta un nouveau projet de loi "anti-terroriste" qui déniait toute compensation aux enfants soufffrant de désordres relatifs aux vaccins. "Les plaintes sont tellement nombreuses qu'elles pourraient mettre au chômage de nombreux producteurs de vaccins et limiter notre capacité d'enrayer une attaque biologique d'origine terroriste", a expliqué Dean Rosen, conseiller de Frist pour la politique de santé [cf. Robert F. Kennedy Jr. Deadly Immunity]. C'est alors que le Los Angeles Weekly a annoncé : "Les encouragements de Frist pour les lobbyistes de la vorace industrie pharmaceutique n'ont pas de limites. Frist n'est pas le sénateur du Tennessee, il est le sénateur d'un vassal de l'industrie pharmaceutique. Il possède plus de 2 millions de dollars dans le secteur de la Santé, ce qui lui confère le privilège douteux de recevoir plus d'argent des services de santé que 98 % de ses collègues".

Nombre de conservateurs ont été choqués par les efforts du gouvernement pour couvrir les dangers du thimerosal et quelques membres du Congrès ont soutenu que les conglomérats que sont Merck, GlaxoSmithKline, Wyeth et Eli Lilly devraient fermer leurs portes s'ils étaient un jour obligés d'assumer leur responsabilité pour les accidents causés par leurs produits.

Le républicain David Obey, sénateur du Wisconsin, estime que "la loi a été adoptée de manière arrogante et unilatérale par un abus de pouvoir exercé par deux des membres les plus importants du Congrès". Le sénateur Ted Kennedy, du Massachusetts, a comparé cette loi à "un chèque en blanc pour l'industrie pharmaceutique", et le sénateur Robert Byrd, doyen du sénat, a qualifié l'adoption de cette loi de "mascarade".

En février 2006, Edward Kennedy et 19 autres sénateurs démocrates ont écrit à Bil Frist pour lui demander de retirer cette loi protégeant les fabricants de vaccins.

"Le refus des compagnies pharmaceutiques d'assumer la responsabilité de leur production et la complicité des plus hauts responsables gouvernementaux vont diminuer la confiance du public de notre pays dans les programmes de vaccinations. Déjà, nombre de mères, y compris nos propres filles, craignent de vacciner leurs enfants", ont précisé Lewis Seiler, président de Voice of the Environment, et son directeur exécutif, l'ancien député Dan Hamburg..

L'affaire s'est passée aux Etats-Unis, mais les laboratoires sont présents partout dans le monde et gèrent notre santé pour leur plus grand profit et au détriment des citoyens. L'Europe n'est pas épargnée et le procès intenté aux Etats-Unis pourrait un jour ouvrir la voie à l' Europe, en France notamment si les rouages institutionnels se démocratisent. Comment peut-on dès lors avoir une confiance aveugle dans l'industrie pharmaceutique ?

Pour s'informer sur des sujets connexes (non exhaustif) :

L' Union Nationale des Associations Citoyennes de Santé - UNACS

Le courrier de l'association ALIS

Pro Anima

Antidote Europe


Auteur : LNPLV (Annecy) agoravox.fr

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Publié par joss