Alors que la grossesse s’est déroulée à merveille, l’accouchement de la petite Marie-Claude a, lui, été plutôt difficile. "Elle avait d’abord le cordon autour du cou, puis lorsque la tête est sortie, le col de l’utérus s’est refermé, les contractions ont cessé. À ce moment là, les pulsations cardiaques sont descendues à 10 et nous avons vraiment eu peur de la perdre", raconte la mère de trois enfants de Gatineau. Heureusement, l’équipe médicale est intervenue à temps et Marie-Claude s’en est tirée sans séquelles... physiques du moins.

"Lorsque mon mari Éric est parti se reposer après l’accouchement j’ai demandé à voir ma fille. Je me berçais en lui parlant, lorsqu’elle a ouvert les yeux et là, j’ai eu vraiment peur de mon enfant. Ses yeux étaient vides, j’en ai eu des frissons. J’avais peur au point de ne pas vouloir être seule avec elle."

De retour à la maison, les choses n’allèrent pas en s’améliorant... "Elle pleurait sans arrêt, en fait elle pleurait 16 heures sur 24. Marie-Claude souffrait de coliques sévères, puis après ce fut les otites, les maux de ventre, les dents à trois mois bref, nous avions un bébé difficile. Mais on se disait que ça allait passer, on vivait notre vie comme tout le monde puis on rattachait toujours le problème à une étape de son développement."

C’est après deux ans, lorsqu’elle s’est mise à marcher à l’âge de 10 mois et à parler que Marie-Claude montrait des pans de sa personnalité plutôt inquiétants. "Disons qu’elle avait des troubles de comportement. Elle était premièrement hyperactive, incapable d’établir un contact visuel même avec moi et elle traversait des crises d’une rare violence", raconte Anick Lapratte.

Des crises que seule Anick réussissait à maîtriser, en l’obligeant à la regarder et en la protégeant, en l’empêchant de faire mal aux autres et à elle-même. "Quand elle faisait un mauvais coup, elle disait toujours que c’était la faute de Maxime, Axime comme elle disait. Je me disais qu’elle avait un ami imaginaire..." Mais plus le temps passait plus les crises étaient violentes et plus la petite fille prenait des forces.

"Elle se réveillait de 10 à 15 fois par nuit, elle devenait de plus en plus fatiguée et irritable, les crises étaient donc plus fréquentes. Pendant ces fameuses crises, son comportement changeait du tout au tout, sa voix aussi se modifiait et son regard... Elle pouvait frapper son frère, se faire mal et après elle s’endormait pour se réveiller en se demandant ce qui s’était passé." Comme le jour où elle a détruit la chambre de son frère d’elle-même, arrachant la tapisserie et détruisant les meubles. "Elle ne se souvenait de rien", assure Mme Lapratte.

Même si une lecture sur les soins de l’âme publiée dans une revue la confronte avec l’idée que sa fille souffre plus que d’un trouble de comportement, Anick Lapratte ne veut pas croire qu’une entité négative puisse habiter le corps de sa fille. "J’ai toujours gardé ce que nous vivions secret. La famille immédiate, les amis personnels n’étaient au courant de la situation." Un secret lourd à garder et à gérer autant pour son conjoint Éric que pour Anick qui, spécialisée dans le domaine de la petite enfance, s’est même ouvert une garderie à son domicile pour se permettre de suivre et de gérer les crises de sa fille à la maison.

La crise qui déclenche tout...

Anick Lapratte a d’abord tenté d’aider sa fille avec la médecine traditionnelle. Du moins pour son hyperactivité... "Le médecin disait que je m’en faisais trop au sujet de ses crises. Mais lorsqu’elle a fait une crise dans son bureau, il en est tombé en bas de sa chaise." On diagnostique donc un dédoublement de personnalité chez Marie-Claude et on lui remet un billet pour l’hôpital Pierre-Janet.

Pour une fois, la lenteur du système aura été bénéfique, puisque le problème d’hyperactivité a pu être résolu grâce à l’ostéopathie. "Ça a vraiment bien fonctionné et après les crises de violence étaient moins fréquentes. Du moins, tant que la routine de Marie-Claude n’était pas trop bouleversée..." et jusqu’au jour où une crise a vraiment dépassé les limites du réel.

"Marie-Claude était tout simplement incontrôlable. Elle a vraiment voulu tuer son frère et j’étais incapable de la maîtriser. Je l’ai donc enfermée dans sa chambre, elle nous faisait vraiment peur à mon fils et à moi, elle se cognait contre les murs, la porte de la chambre. Nous avons donc attaché la poignée avec des ceintures de robes de chambre avec la rampe d’escalier. Après nous nous sommes assis et nous avons pleurés. Le temps a passé sans qu’on s’en rendent compte. Puis, nous avons réalisé que le silence était revenu. On s’est dit que Marie-Claude avait dû se rendormir et que nous devions entrer voir si ses blessures n’étaient pas trop grave."

La suite est digne des films d’horreur et c’est d’ailleurs la seule fois où la situation a eu des allures de cinéma hollywoodien de cas de possession. "Marie-Claude ne s’était pas endormie, mais elle dessinait sur le mur avec le sang qui coulait de son nez et elle a éclaté de rire lorsque nous sommes entrés. J’en ai vomi..."

Grâce à l’aide de l’ostéopathe, Anick Lapratte est alors mise en contact avec un intervenant en harmonisation spirituelle de la région qui juge nécessaire de pratiquer un processus de purification profonde. Après deux rencontres où Michaël explique les grandes lignes de la vie de l’autre côté, il donne rendez-vous à Marie-Claude et à Anick pour la séance à proprement parler trois jours plus tard. "Ce fut trois jours d’enfer, j’avais peur, mais je vivais la situation comme un duel entre moi et les entités négatives qui habitaient dans ma fille."

Lorsqu’elle pénètre dans le lieu de l’exorcisme, Marie-Claude devient nerveuse, court autour de la table, veut ouvrir les fenêtres. "Et Michaël parle fort en disant aux entités de quitter ce corps. Soudain, Marie-Claude tombe par terre, trempée de sueur et en l’espace de quelques secondes, les entités passent à travers moi. Ce fut terrible, j’avais peine à croire que ma fille ait réussi à vivre quatre ans avec ça dans elle."

Lorsqu’elle se penche vers sa fille, jamais Anick ne l’a vue aussi belle, aussi paisible. "Elle était l’incarnation de son âme, elle était pure", affirme la maman les larmes aux yeux. Épuisée par toutes ces dures années, Marie-Claude a dormi pendant 48 heures d’affilée, "puis elle s’est levée tranquillement, elle est venue me rejoindre au salon. Elle m’a dit merci maman! J’ai fondu en larmes."

Aujourd’hui, Marie-Claude est première de classe et connaît très bien son histoire. "Pour nous, elle est venue au monde à quatre ans. D’ailleurs, nous avons dû lui réapprendre à marcher, à manger, à parler, la différence entre le bien et le mal... c’était un enfant qui avait tellement besoin d’amour."

Démystifier et aider les gens...

À travers toute cette histoire, Anick a bien sûr appris sur la spiritualité et surtout sur elle-même. "Je ne suis plus la même femme, assure la mère. Avant, je vivais mon petit bonheur qui s’exprimait selon moi avec mon mari, ma famille, la maison, l’auto, le barbecue dans la cour et la voiture dans l’entrée. Sans être superficielle, ni matérialiste, je ne pouvais pas croire à autre chose, à une autre vie. Maintenant, je me connais davantage et mon mari et moi sommes un couple davantage uni, puis j’apprécie vraiment mon bonheur avec ma famille."

Son livre, qu’elle a composé comme un roman, se veut le récit de toute son histoire, du début à la fin, jusqu’à ce qu’elle réalise trois ans après la séance de purification que sa fille était bel et bien guérie. "Ça a pris un événement spectaculaire pour que je comprenne que ma fille était maintenant elle-même. Que je n’avais plus à m’inquiéter lorsqu’elle parle toute seule ou chante, que les entités ne reviendront pas, que son âme est bien ancrée. Maintenant, elle est belle, mais belle... et c’est un ange" estime la maman.

C’est donc davantage pour l’aider à tourner définitivement la page, mais surtout pour aider son prochain qu’Anick Lapratte, toujours avec l’accord de sa fille, a décidé de raconter l’histoire de Marie-Claude. "Mais jamais ma fille ne va donner d’entrevues, je ne veux pas qu’elle devienne une bête de cirque. Ce que nous voulons c’est aider et démystifier le monde des entités, de la possession qui est loin d’être vécue dans la réalité comme dans les films d’horreur et des âmes aussi. Les cas de possession sont très rares, mais la présence d’entités dans notre champ énergétique sont plus fréquentes et peuvent expliquer certains comportements."

Comme tout le monde, Anick Lapratte consulte encore son médecin en cas de besoin et "je mange des Big Mac parce que j’aime ça. Mais corps, personnalité et âme sont un tout, explique Anick Lapratte en conclusion dans son livre. Telle est ma devise. En réalité mon quotidien n’a pas changé, c’est ma façon de le percevoir qui l’est",

Question d’outiller davantage les gens, Anick Lapratte a également lancé parallèlement au livre un site internet (anicklapratte.com) qui renferme une foule de renseignements.

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Info07.com
Auteur: Marie-Eve Bouchard
Langue originale: français
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