Ainsi, dans la relation aidant-aidé, animateur-animé, cette rencontre unifiante existe également. L’aidant est aidé par les réponses, les réflexions, les attitudes de son interlocuteur et à plus d’un moment l’aidé devient l’aidant. Chaque rencontre de ce type est singulière, unique. Toutefois, le moule qui déterminait le déroulement de cette relation a évolué. La relation d’aide se transforme en relation de partage alterné au sein de laquelle chacun y trouve son compte. Nous inaugurons des rencontres du troisième type en quelque sorte, des rencontres capables d’accueillir l’inconnu, l’incertitude. Sommes-nous prêts à être déstabilisés par des réactions non conformes aux résultats que nous obtenions auparavant ? Nous commençons à vivre de telles situations en grandeur nature.

Il ne suffit pas de décréter “j’ai compris, la dialectique évolue en trialectique, tout prend du sens, s’analyse dans la matrice du trois. Le trois transcende les tensions existant entre des pôles opposés”. Que le mental appréhende ce qu’il concevait jusqu’alors difficilement est une chose ! Que nos émotions participent à cette conception trinitaire en est une autre ! Toutes nos réactions instinctives et émotionnelles sanctionnées par un jugement sont concernées. “J’aime/j’aime pas, il est sympa-pas sympa, il élève mal ses enfants, il ne se respecte pas…” Dès que nous quittons le moule de nos pensées qui séparent et opposent deux pôles apparemment contradictoires, dès que nous comprenons qu’ils sont deux facettes d’une même réalité plus complète, plus subtile, nous ne pouvons plus juger les autres, ni même se juger soi-même. Tout ce que nous vivons correspond à des expériences voulues par notre être profond, voulues pour grandir en sagesse.

Et la sagesse n’est rien d’autre que la conciliation permanente entre l’ignorance et la découverte de soi. Si la sagesse devenait un état, elle se figerait en opposition à ses propres qualités. La sagesse est donc typiquement un état de remise en question reconfiguré en permanence par les événements de la vie qui nous mettent face à l’inconnu. Devant l’inconnu, le sage est obligé de reconnaître son ignorance. Il retrouve sa position lorsqu’il accepte l’incapacité momentanée à réagir ou à donner une réponse, s’il accepte son ignorance et l’intègre à sa vision de lui-même. Etant sage et ignorant à la fois, il provoque alors un processus alchimique de conciliation de ces deux états. La créativité en ressort renforcée. L’amour et la sagesse vont de pair. Ils sont chacun revivifiés par leur contraire, la peur et l’ignorance. La peur est le merveilleux aiguillon de l’amour, celui qui permet à l’amour de fleurir sur n’importe quel foyer de stress, de crainte ou d’angoisse. Encore faut-il l’entendre, le reconnaître au milieu des émotions.

Les énergies de fusion canalisent l’activité simultanée de l’amour et de la peur. La sagesse individuelle et collective en ressort grandie. Puissions-nous canaliser les peurs résiduelles en les laissant baigner dans l’amour et créer le creuset de leur conciliation. Il en résultera une merveilleuse Terre Nouvelle. Acceptons que ma naissance soit la conséquence d’un processus semblable que je décrirai ultérieurement tant il est subtil. En attendant, je vous invite à goûter les qualités de la vibration du trois, de la douce dynamique qui transcende les oppositions duelles.

Merci de votre écoute, la Terre nouvelle.

source: terrenouvelle.free.fr
Publié par Phénix