* Lorsque vous choisissez de conserver la vision de l'expérience sous forme de regret, soyez conscient que celui-ci tend à aller vers une plus grande déformation, toujours et à devenir la culpabilité.

* Est-ce que vraiment, nous choisissons toutes nos expériences? Non seulement vous les choisissez, mais vous les construisez moment par moment.

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Uriel : Je vous fais mes salutations. Bonsoir.

Robert : Bonsoir.

(…)

Robert : Ça me fait plaisir. J'ai préparé quelques points, quelques questions que j'aimerais clarifier avec vous. Je voudrais premièrement savoir jusqu'à quel point c'est louable d'être comme je suis, presque obsédé par l'idée de comprendre – comprendre ce que l'on fait ici, pourquoi nous sommes là, qu'est-ce qui se passe; c'est quoi cette condition humaine dans laquelle nous vivons. J'ai besoin de savoir. C'est fondamental pour moi. Cela fait beaucoup d'années que je recherche cela. Si vous avez des éléments de réponse, j'apprécierais beaucoup.

Uriel : Pourquoi existons-nous… C'est une question à plusieurs volets, qui appelle une réponse à plusieurs volets. D'abord, se poser cette question – vous avez utilisé le terme louable – ce n'est ni louable ni pas louable. Vous n'avez pas à être approuvés ou désapprouvés ou à vous approuver vous-mêmes ou à vous désapprouver vous-mêmes pour une telle question. Mais il est profondément, je dirais, légitime de se poser une telle question et elle fait partie intégrante de l'aventure humaine – cette question. Elle dénote un désir d'accroissement de la conscience, d'accroissement dans le sens de la conscience devenant consciente d'elle-même. Elle dénote également, cette question, du fait que l'être, après avoir expérimenté à plusieurs niveaux et après avoir intégré plusieurs aspects de l'aventure de la conscience dans cette dimension, se retrouve au point, je dirais, d'être prêt au retour. Lorsque l'essence introduit ce type de préoccupation dans la dimension dans laquelle vous expérimentez, elle est prête à ramener à elle les différents aspects de son expérience – ces aspects ayant été représentés sous la forme de ce que vous appelez les incarnations.

Chaque incarnation illustre, je dirais, un aspect de l'expérience que cette essence tente, plutôt veut, fait, à l'intérieur de cette dimension. Bien sûr, sur d'autres dimensions, la même essence peut expérimenter d'autres façons, à d'autres niveaux. Lorsque, je me répète, lorsque cette essence est prête à synthétiser et ... je pourrais dire, extraire, extraire de toutes ses expériences la valeur intrinsèque, comme vos alchimistes pouvaient le faire dans leurs laboratoires avec leurs cornues – ceci est un excellent exemple. Lorsque l'essence exprime, par le biais d'un de ses fragments, ce type de préoccupation, elle est en mesure de commencer à créer l'unification entre tous ses fragments, tous ses aspects qu'elle a créés dans une dimension spécifique, dans un but d'expérience. Le fait que vous vous posiez ce type de questions – d'où est-ce qu'on vient, pourquoi, où allons-nous, etc. – démontre, signifie que vous êtes cette incarnation, ce fragment, par lequel cette essence commence son processus d'unification. Ce type de questions vous est inévitable; elle est pour vous incontournable et j'ai bien peur, mon ami, qu'elle vous suive jusqu'à votre passage.

Robert : Pouvez-vous m'expliquer pourquoi … Ce qui m'incite, dans ces questions, c'est le fait que la nature humaine, la condition humaine est limitée, de sorte que cela devient très difficile d'être heureux dans cette condition humaine-là. Elle est remplie de contradictions.

Uriel : La condition humaine est très loin d'être limitée. Votre point de vue de la condition humaine est limité. La condition elle-même comporte en elle-même un pouvoir inouï. Elle contient, je dirais en elle-même des capacités difficiles pour vous à imaginer. Déjà, à travers votre histoire, beaucoup ont illustré ces capacités, beaucoup ont démontré le grand pouvoir que possède un humain. Le problème, s'il y a problème, ne se situe absolument pas au niveau de ce qu'est l'être humain en soi et de ce qu'il peut. Il se situe dans votre regard sur l'être humain et surtout dans votre regard sur vous-mêmes. Pour des raisons qui vous appartiennent à chacun et qui vous sont très légitimes à chacun, vous limitez votre point de vue, votre regard. Et par cette limitation vous créez exactement l'expérience que vous avez choisi de faire, de créer en vous incarnant de cette façon, à cette époque, à cet endroit.

Si vous preniez la peine de fouiller l'histoire d'un peu tous les peuples, sans même avoir à remonter le temps si loin, vous trouveriez beaucoup, beaucoup d'individus ayant dépassé cette vision de la condition humaine et ayant pris entre leurs mains leur plein pouvoir. Ils sont ainsi devenus des maîtres capables de créer leur vie selon leur volonté, selon leur vision. Un des stratagèmes que vous utilisez pour bloquer, je dirais, ce type de changement – le changement de vision qu'il vous faudrait opérer – est de croire que ces individus sont exceptionnels, qu'ils ont peut-être une intelligence exceptionnelle ou qu'ils ont fait une démarche exceptionnelle; que d'une façon ou d'une autre ce sont des êtres hors du commun et que donc, vous en tant qu'individu ... du commun, justement, n'avez pas accès à ce type d'accomplissement, à ce type de connaissance. Or, ce type d'individus avaient, dans la plupart des cas, comme une de leur première préoccupation, je dirais, de démontrer à tous la possibilité d'atteindre ces accomplissements et de démontrer également les capacités réelles de ce que vous identifiez comme un être humain.

L'être humain possède de très, très, très grandes capacités. C'est un être très puissant. Tellement puissant – vous n'avez pas idée – tellement puissant, qu'il peut, de façon incroyable, créer la dualité dans laquelle ... dans laquelle il fait son expérience. Il peut, à l'encontre du divin, sensiblement, en tout cas, puisque rien ne peut aller à l'encontre du divin en réalité, mais il peut créer cette inconscience, créer, par ce fait les dysfonctions physiques, relationnelles, intellectuelles également; il peut créer les jeux incroyables de la guerre. Cela demande une puissance incroyablement plus grande que vous ne pouvez l'imaginer car cela demande d'accepter et de situer, en apparence, en dehors du plan divin.

Ce que vous ne comprenez pas est que seulement des êtres supérieurs possédant une force inouïe peuvent se permettre ce type d'expérience. Car pour vivre ce type d'expérience, il vous faut créer l'illusion de la séparation; il vous faut créer l'illusion de l'inconscience. Vous devez vous concevoir comme étant à l'extérieur du divin. Vous êtes des êtres à la magnificence inouïe et le seul fait que vous n'en soyez pas conscients, à lui seul, suffirait à dénoter votre pouvoir incroyable. Rappelez-vous – Lucifer était le favori, le plus grand, le plus près de la gloire divine et ce que vous avez interprété comme étant sa chute et que vous ne pouviez interpréter autrement est en fait son choix, pleinement son choix de se rendre dans les dimensions de la dualité et de l'inconscience. Ceci ne pouvait se faire autrement qu'avec un immense pouvoir et un immense amour.

Robert : Si nous sommes si extraordinaires, pourquoi avoir tant de difficulté à être heureux ?

Uriel : Je vous dirais que la notion de bonheur, telle que je la perçois, en tout cas, dans votre question, est tout simplement liée, en fait, à la réalité de la personnalité liée à cette incarnation (focus), je pourrais dire. L'essence ne possède pas cette vision du bonheur ou du malheur. L'essence, c'est-à-dire l'aspect de vous en évolution, l'aspect de vous englobant les différentes incarnations, ce que vous appelez les différentes incarnations, possède la notion d'expérience. Lorsque l'essence crée un fragment, ce que vous percevez vous-mêmes comme étant une personnalité, elle crée un champ d'expérience. Si cette expérience demande ... Cette expérience demandera toujours un jeu de balancier, c'est-à-dire, si l'essence désire expérimenter la réalité divine de la justice, il lui faudra créer des champs d'expérience où elle pourra ... je dirais, valider le spectre entier de cette réalité. Cela signifie qu'elle aura à créer des fragments, parfois des expériences spécifiques, limitées à l'intérieur de la vie d'un fragment, ayant trait avec un aspect ou l'autre de la justice.

Ces aspects sont ceux que vous qualifiez de positifs ou de négatifs. En soi, ils ne sont ni l'un ni l'autre. Ils ne sont que des champs d'expériences. Au niveau de l'essence, ce qui sous-tend toute votre ... raison d'existence se situera toujours en regard des extrêmes de ce qui est désiré comme expérience. Si je reviens à l'expérience de justice, cette essence aura à créer des fragments qui expérimenteront la position de victime. C'est un aspect important dans cette dynamique, qu'elle veut intégrer à un niveau direct, en tant qu'expérience directe, évidemment. Elle aura également à créer, peut-être dans la même expérience avec le même fragment, peut-être avec un autre fragment, dans une autre incarnation, la position du bourreau.

Robert : Donc si nous avons le sentiment que la vie est injuste, c'est que nous avons à vivre l'expérience de la victime.

Uriel : Une troisième position existe qui est la position, je dirais, de conciliation, de compréhension, d'équilibre. Quant l'essence a vraiment intégré, expérimenté, intégré les deux aspects dualistes, elle désire intégrer l'aspect lui-même, dans son unité. Et certains fragments s'attacheront, si on peut dire, d'une certaine façon, à cette conscience d'unification. Et c'est ce que vous recherchez, entre autres choses, mon ami. Vous ne ... vous ne vous sentez pas ni, je dirais, dans le camp des victimes, ni dans celui des bourreaux. Et la raison en est que votre incarnation en est une d'harmonisation, de conciliation, d'unification, de synthèse à cet effet.

Robert : Je voulais bifurquer un peu pour vous amener sur une autre question qui est connexe. Dans notre vie, nous expérimentons le regret, nous regrettons des choses, ce que l'on ne devrait pas, probablement. Comment peut-on faire pour ne pas vivre le regret ? Est-ce qu'on peut ne pas vivre le regret ?

Uriel : Il est même préférable de ne pas vivre le regret. Mais vous pourriez tout simplement, transformer ces regrets. Vous savez, ce que vous appelez des regrets ne sont, en définitive, que des expériences non intégrées. Ils ne sont que des expériences qui ne sont pas comprises et qui ne font pas encore partie du champ de conscience globale. Aussi longtemps que vous maintenez cette expérience sous forme de regret, vous l'empêchez de s'intégrer, vous l'empêchez de devenir expérience vivante, réellement, profondément intégrée dans le champ de la conscience. Maintenant, il arrive souvent que vous choisissiez de garder ces expériences sous forme de regrets, choisissant à ce moment-là de faire jouer le rôle de miroir à ces expériences. De cette façon, ces expériences restent ... nous pourrions dire, comme à l'extérieur de vous. Elles demeurent une sorte de reflet et vous pouvez continuer à les utiliser dans ce sens, aussi longtemps que vous maintenez l'attitude du regret.

Cependant, il faut faire attention avec ce type de dynamique. Le regret se transforme en culpabilité et la culpabilité, elle, ne peut servir de miroir. Elle constitue un reflet beaucoup, beaucoup trop déformé pour que vous puissiez l'utiliser ainsi. Donc, lorsque vous choisissez de conserver la vision de l'expérience sous forme de regret, soyez conscient que celui-ci tend à aller vers une plus grande déformation, toujours et à devenir la culpabilité. Et à partir de ce point, vous ne pouvez plus utiliser cette expérience. Il vous faut alors, lorsque vous vous rendez compte que votre regret s'est transformé, que votre vison s'est déformée à ce point, il vous faut, je dirais, dégager cette expérience de toute forme de jugement et d'accepter de l'intégrer totalement. C'est le seul moyen, on pourrait dire, que cette expérience puisse encore servir, si on peut utiliser ces termes.

Robert : C'est quoi l'intégrer ? Prendre la leçon qu'il y a à l'intérieur ?

Uriel : Oui, oui, prendre la leçon. Maintenant, encore une fois je vous dirais, prenez garde à cette notion de leçon qui est peut-être limitée, peut-être un peu trop limitée. Essayez de remplacer la notion de leçon, qui comporte, d'une certaine façon, déjà un jugement – dans une leçon, il y a des choses bonnes et il y a des choses à rejeter. Essayez de remplacer la notion de leçon par celle d'expérience. Vous êtes tous des chercheurs d'abord et avant tout et vous créez ces incarnations en guise de laboratoire de recherche. Vous utilisez ces incarnations, vous utilisez vos corps, vos différents corps comme laboratoires, comme outils extrêmement raffinés vous permettant de construire votre expérience et d'intégrer ce qui en ressort, les connaissances que vous acquérez de cette expérience.

Robert : Est-ce que vraiment, nous choisissons toutes nos expériences ?

Uriel : Non seulement vous les choisissez, mais vous les construisez moment par moment. Vous savez, presque toutes les nuits, vous révisez l'ensemble de votre vie, l'ensemble de la période dans laquelle vous êtes maintenant et l'ensemble de vos choix. Vous réévaluez. Vous vous rendez sur certaines dimensions, moins limitées que celles-ci où vous allez, je dirais, créer ... une sorte de mise en scène, je pourrais vous dire, des différentes potentialités que peuvent impliquer les choix que vous posez maintenant ou que vous vous apprêtez à faire. Vous créez l'ensemble de ce que vous êtes et de votre vie à tout instant. Avant de vous asseoir ici, vous n'étiez pas celui que vous êtes maintenant. Vous choisissez à tout instant.

Robert : De façon consciente ou inconsciente ?

Uriel : Les deux. Votre conscience, votre vraie conscience, celle de votre essence, celle qui vous maintient à tout instant, est toujours consciente. Il est tout à fait, totalement impossible que la conscience soit inconsciente. C'est un non-sens. Vous avez créé ce que vous nommez l'ego. Vous avez créé un obscurcissement de la conscience, un mécanisme, je dirais, de rétrécissement du point de vue, du champ de vision de la conscience. Et ceci, dans le but spécifique d'expérimenter strictement dans le cadre du champ dimensionnel que vous avez choisi – très particulier, dans celui de la dualité. Vous aviez besoin de vous créer vous-même comme un être duel pour expérimenter évidemment la dualité. Donc, à tout moment, vous êtes les deux : conscient et inconscient. Je peux par contre vous dire que l'aspect conscient de vous est très nettement supérieur à l'aspect inconscient, votre ego. Car c'est l'aspect conscient de votre conscience qui maintient les deux, qui maintient la conscience d'elle-même et qui maintient l'existence de l'illusion qu'est l'ego, de l'illusion d'inconscience. L'ego n'est que l'illusion de l'inconscience. Donc, en réalité, vous êtes toujours conscients; tous les humains sont toujours conscients.

Robert : Mais quant on parle dans un cheminement, d'élever le niveau de conscience, qu'est-ce qu'on veut dire au juste ?

Uriel : Il y a deux niveaux. Il y a le processus lui-même et il y a les gens qui vivent ou qui croient vivre ce processus. Le processus lui-même est tout simplement d'amener la conscience ... je dirais plutôt d'amener ce que vous nommez l'ego conscient de la conscience.

Robert : Oui, c'est très logique.

Uriel : L'ego est un aspect de la conscience. Il n'est pas cette espèce d'identité que vous identifiez comme étant différent, détaché, extérieur à la conscience, comme étant, en quelque sorte, un aspect parasite qu'il vous faut éradiquer de votre être.

Robert : L'ego serait un indicateur de notre niveau de conscience ?

Uriel : Je ne crois pas. L'ego est un état de votre conscience, est un état destiné à vous faire expérimenter selon le schéma choisi. Si, par exemple, avant votre incarnation vous décidez, vous choisissez d'être, en tant que mâle blanc, et axé, je dirais, sur la dynamique de la justice, vous allez totalement définir votre personnalité, vous allez définir votre champ de conscience autour de ces paramètres. C'est ce champ de conscience qui devient l'ego. Lorsque vous avez dépassé, je dirais, la validité de l'existence de ce champ de conscience, de cette restriction de conscience même, je pourrais dire, vous commencez à laisser venir, je pourrais utiliser le terme de pulsion, même si normalement il s'utilise à un autre niveau, de pulsion de retour vers la conscience, d'élargissement du point de vue. Lorsque l'être arrive à ce désir d'élargissement de la conscience, cela signifie que, en grande partie, les expériences choisies sont en voie d'intégration. Me suivez-vous ?

Robert : Oui. Je trouve cela intéressant. Mais j'aimerais aborder un autre volet. J'ai entendu, une fois, dans une explication qui m'était donnée, le terme "la traversée du miroir". J'ai interprété qu'il s'agissait justement du fait où on peut avoir accès à l'autre dimension de la vie humaine. Mais ce n'est pas clair, encore pour moi, ce que cela veut dire. J'aimerais que vous puissiez me clarifier cela un peu.

Uriel : La traversée du miroir… hum… Il s'agit tout simplement, par cette image, du processus que nous venons de voir ensemble. Il s'agit d'accepter de passer du côté opaque vers le côté transparent de la conscience. L'autre aspect de la vie humaine, oui, dans le sens, justement, de ce passage. La traversée du miroir s'opère au moment où l'être choisit de terminer cette période d'inconscience – période de domination, je dirais, de l'ego – et d'aller ainsi vers le champ totalement ouvert de la conscience. C'est le retour de l'être vers l'essence. D'une certaine façon, nous pourrions dire le retour de l'être vers lui-même.

Robert : Oui, ça clarifie les choses.

(…)

Robert : J'aurais d'autres questions.

Uriel : Oui, je n'en doute pas. Je voudrais, avant vos questions, amener une petite précision ou plutôt une confirmation. Je suis en effet une énergie liée au Comte de St-Germain. Ce n'est pas notre amie qui empêche d'aller plus loin dans l'identification de cette énergie. C'est un choix posé de notre côté afin d'établir ces dialogues sur une autre base, peut-être, que celle du vedettariat, je dirais. Ceci vous permet de donner à ces échanges une dimension autre que personnelle. Pour l'instant, nous allons donc en rester à ce stade. Voilà.

Robert : D'accord, est-ce que je peux vous poser une question ?

Uriel : Oui, bien sûr.

Robert : Une petite question mais qui aura peut-être une longue réponse.

Uriel : Je pense que je me méfie des petites questions.

Robert : C'est quoi l'amour ?

Uriel : C'est bien ce que je croyais. (rire)

Robert : C'est difficile à comprendre!

Uriel : L'amour est le tissu de l'univers. L'amour est le matériau de base avec lequel vous construisez votre réalité, vos expériences. C'est l'état ... l'état d'être. Lorsque vous revenez vers vous, que vous ramenez votre conscience en votre centre et que vous établissez votre ... présence dans le Je Suis, vous ramenez votre conscience en son état fondamental qui est amour. Rien ne peut être possible, ne peut exister en dehors de cet état. Nous pourrions dire que l'amour est ce qui est. Ce que vous avez conçu sous la forme d'une déité suprême, Dieu, est ce que vous nommez amour. Dans un cas, vous lui prêtez une nature universelle bien que souvent vous vous conceviez vous-mêmes extérieurs à cette nature, ce qui est une absurdité en soi. Et dans l'autre cas, vous lui prêtez une nature limitée, personnelle, personnalisée. Mais c'est la même chose. Ce que vous recherchez dans vos élans, dans votre recherche de cet amour est la conscience de votre unité. Vous cherchez à retrouver cette conscience, à réactualiser, je dirais, cette conscience de l'unité. C'est pourquoi vous faites ces tentatives en regard principalement d'individus extérieurs à vous.

Votre illusion, maintenue par votre structure d'ego que nous mentionnions tout à l'heure, vous amène à identifier l'unification entre vous et une entité différente de vous se situant à l'extérieur et vous recherchez cette unité, croyant que c'est par ce biais que vous aurez un tant soit peu accès au divin, accès à l'état primordial de la conscience. La raison pour laquelle vous n'accédez pas à ce que vous désirez vient du fait que vous ne saisissez pas, vous ne comprenez pas que l'objet vers lequel vous dirigez votre désir est vous, cet objet, il est vous. Il n'est pas autre chose. Vous le voyez, vous le concevez comme étant un objet différent et séparé de vous-mêmes. Cet objet est vous. Vous le créez entièrement et bien sûr, vous le créez à partir de ce que vous êtes. Lorsque vous devenez capables de commencer à comprendre ceci et en même temps de ramener ce désir projeter vers ce que vous croyez être l'extérieur, de le ramener vers vous-mêmes, vous commencez réellement à rétablir le contact conscient avec ce que vous nommez le divin. Cette dynamique de l'amour, dans quelle que forme que ce soit que vous la viviez, est toujours un désir, une tentative de ce retour vers l'unité. Est-ce que ceci répond ?

Robert : Oui, j'ai une question. A ce moment-là, l'amour n'a rien à voir avec le bien, le mal, avec toutes ces notions-là ?

Uriel : Absolument pas. L'amour en soi contient, mm ... est le matériau de base, je dirais, du bien et du mal. Le bien et le mal n'existent pas. Il existe une vision, il existe un choix d'expérience; il existe également ce matériau primordial qu'est l'amour. Ce que vous identifiez comme le bien et le mal est tout simplement ce qui vous permet d'aller dans le sens de votre choix ou d'aller à l'encontre de votre choix.

Robert : Je comprends. L'amour est au-dessus – un criminel pourrait aimer tuer ?

Uriel : Aimer tuer ? Un criminel pourrait vouloir, en tant que conscience, expérimenter brièvement l'état du non-amour. N'oubliez pas que toute votre expérimentation se fait dans la dimension de la dualité. Vous avez choisi, entre autres, de connaître l'amour par l'absence d'amour mais tenez bien compte que cette absence d'amour, cet état d'absence d'amour est une illusion. Il est impossible que l'amour soit absent, mais vous pouvez très bien, momentanément, faire l'expérience de l'absence d'amour, en créant, par le biais de votre ego, la condition illusoire totale de cette absence. Lorsque vous serez en mesure de percevoir ceci, de comprendre ceci, vous comprendrez en même temps à quel point l'ego est un outil extraordinaire, un merveilleux outil que vous avez mis au point pour créer les situations illusoires vous permettant d’expérimenter ce vous désiriez. En tant qu’essence, le criminel n'est pas plus ... séparé, ignorant de l'amour, mm ... dans sa vraie dimension, je dirais, que vous l'êtes. Il n'en est ni plus conscient, ni moins conscient que vous. Dans son état, dans sa situation momentanée, il se crée un schéma qui pourrait énergétiquement s'apparenter à ... je dirais, une coquille, peut-être, dans laquelle il pourra vivre cette illusion de l'absence d'amour.

Robert : Je trouve ça intéressant et je comprends bien. Voulez-vous maintenant me définir la passion; on la confond souvent à l'amour – est-ce qu'elle appartient strictement à la condition ... animale?

Uriel : Vous parlez de quel type de passion?

Robert : Passion amoureuse.

Uriel : Et sexuelle?

Robert : Oui, et sexuelle.

Uriel : Vous avez évidemment, bien sûr, la situation ... ce que vous qualifiez de situation animale… Vous devez rencontrer, je dirais certaines nécessités de votre création et certaines lois universelles aussi, qui appellent l'expansion et donc vous avez là toutes les fonctions sexuelles de votre option qui peuvent parfois se vivre en tant que passion, parfois non, parfois simple pulsion et vous avez un autre niveau de passion, dégagé cette fois de la pulsion sexuelle, de la pulsion que vous qualifiez d'animale et qui, je dirais, participe, effectivement de la dynamique de l'amour. Ce niveau de passion constitue ... exprime, je dirais, la volonté d'expression de votre être en tant qu'être vivant, en tant qu'expression vivante et manifestée de l'amour. Encore une fois, peu importe de quelle façon vous pouvez vivre cette passion, ce que vous exprimez par elle est votre force d'être, votre force de vie qui cherche ... oui... qui cherche à s'exprimer.

Robert : Ça me suffit comme réponse. J'aimerais vous amener sur une autre question un peu différente. Je me suis souvent questionné sur la difficulté de faire la différence entre ce qui est un besoin et ce qui est un désir. C'est souvent difficile de faire la distinction; avez-vous des éclaircissements à me donner?

Uriel : Votre difficulté à les départager vient du fait qu'ils sont liés et que vous les placez à un même niveau alors que l'un découle de l'autre. Il y a d'abord désir et ensuite besoin. Le désir crée le besoin. Vous utilisez cette sorte de pulsion, cette sorte de passion, justement, qu'est le désir pour créer votre besoin, y compris tous les besoins inhérents à votre existence physique. En soi, le besoin n'existe pas. Il existe uniquement en fonction de votre désir. Saisissez-vous ?

Robert : Oui, cela veut dire que lorsque nous désirons quelque chose, c'est un besoin et il nous reste à mettre un ordre d'importance au besoin.

Uriel : Lorsque vous désirez quelque chose ce n'est pas un besoin.

Robert : Ça identifie le besoin.

Uriel : Non, lorsque vous désirez quelque chose, il n'y a pas de besoin, il y a absence complète de besoin. Vous désirez d'abord cette chose et pour vous, je dirais, créer la dynamique nécessaire pour aller dans le sens de ce désir, vous créez votre besoin.

Robert : Oui, je comprends. Je me rends compte que c'est peut-être pour ça que la vie semble compliquée; c'est que l'on vit dans l'imprécision. On ne sait pas trop comment se situer face aux concepts. Cela m'amène à parler du temps. Le temps est une dimension qui m'intéresse beaucoup parce que c'est une dimension de la vie qui est très difficile à définir; on a l'impression que c'est extrêmement important à saisir pour comprendre l'existence. Pouvez-vous me parler un peu du concept de temps? On dirait que pour vous il n'existe plus.

Uriel : Oui, le temps, le temps continue à exister dans nos dimensions également, pendant longtemps mais évidemment pas de la même façon qu'il est perçu dans votre dimension. Je comprends très bien votre intérêt, votre fascination pour le temps car c'est par lui que vous maintenez en place ce que vous avez appelez le voile; c'est par le temps que vous maintenez cette illusion de l'inconscience, de la séparation, de la dualité. Sans la notion, sans l'existence du temps, vous ne pourriez vivre la dualité, l'expérimenter. Vous ne pourriez avoir la conception de quelque chose de bien simultanément à quelque chose de mal, exactement dans la même réalité, disons dans la même action. C'est un sujet vraiment vaste.

Robert : Oui, je suis conscient que ma question est très large. Mais le temps est une dimension qu'on subit dans une certaine mesure, quelque chose que nous comprenons difficilement et nous avons l'impression qu'elle appartient uniquement à la vie terrestre. J'aimerais avoir juste un peu plus d'éclaircissement sur cette notion du temps.

Uriel : D'abord, je veux vous spécifier que le temps est un état; ce n'est pas en soi une dimension, c'est-à-dire comme ce serait un espace dans lequel vous résideriez. C'est un état. C'est ... ce que vous concevez comme le temps est, tout simplement, un mécanisme ... de création, un état de la conscience que vous utilisez pour vous permettre de percevoir vos créations... de façon dualiste et de continuer à créer de façon dualiste.

Robert : Je comprends ce que vous me dites. Évidemment, mes questions sont très terre à terre, ce sont des questions de quelqu'un qui vit dans la condition humaine… Nous avons souvent le goût de demander de l'aide, parce qu'on se sent des besoins, on se sent parfois en difficulté et il y a deux façons de voir cela: j'ai toujours pensé que personne ne peut nous aider lorsque nous sommes vivants, dans un corps animal et récemment je me suis laissé amener à voir que peut-être quelqu'un pouvait nous aider. Encore là, quelle sorte d'aide on peut espérer, je ne sais pas. Pleins de gens parlent de guides, d'anges et j'ai toujours eu beaucoup de difficulté à croire à tout ça. Il me semble que je suis tout seul et j'aimerais être informé, un peu, là-dessus.

Uriel : J'aimerais d'abord, peut-être ... je dirais, faire un point entre deux aspects de votre question. Que vous soyiez en mesure de demander et de recevoir de l'aide est une chose, peu importe la direction d'où viendrait cette aide. Que vous vous sentiez quelqu'un, une personnalité, un individu isolé, retranché, différent est autre chose. Avant de – pour vous – déterminer si vous êtes en mesure de rentrer en contact avec ce que vous appelez des guides, des anges, etc., avant même de répondre à la question "existent-ils?", vous avez d'abord à prendre conscience de votre définition de vous-même en tant qu'être isolé. Lorsque vous vous sentez ainsi, lorsque vous vous définissez ainsi, comme un être totalement isolé, vous vous définissez totalement à partir des paramètres de votre ego et non à partir de votre essence. Ce n'est que l'ego qui se sent, qui se définit, ainsi, totalement isolé, différent. L'essence se sent, se définit, se vit comme étant en unité, comme faisant partie du tout, comme étant un élément du tout. Donc, plus vous allez dans le sens de votre essence, donc vers une conscience plus grande de qui vous êtes réellement, plus vous pouvez établir ce contact avec ces ordres ... ces ordres d'existence que vous nommez les guides, les anges, etc. Dans la mesure où vous restez à l'intérieur des paramètres de votre ego, vous ne pouvez entrer en contact avec ces ordres d'existence. Mais dans la mesure où vous sortez de ces paramètres pour aller vers les réalités de la conscience, vous pouvez entrer évidemment en contact avec ces ordres, puisque vous entrez dans les ... je dirais, champs de réalité de l'unité, qui est de toute façon la conscience. Me saisissez-vous?

Robert : Oui, mais je continue à me demander si ces ordres d'existence, ces niveaux d'existence peuvent intervenir ou non…

Uriel : Ils ne peuvent intervenir sans votre – plus que votre consentement – sans votre demande, je dirais. Vous avez à faire le choix consciemment d'établir d'abord ce contact et ensuite cette relation que, oui… que vous pouvez percevoir comme une relation d'aide – maintenant tenez bien compte que ces ordres d'existence sont à des niveaux vibratoires, je dirais, unitaires. Lorsque vous les rejoignez, lorsque vous les contactez, vous êtes, d'une certaine façon, à ce niveau également. Donc il n'est plus vraiment une question d'aide dans le sens d'une entité qui serait en difficulté et d'une autre entité qui serait en situation de puissance pouvant sortir la première de sa difficulté. Vous êtes, à ce moment-là, dans un échange ... je dirais, énergétique, un échange vibratoire. Vous permettez à ces ordres d'existence de ... par votre biais, d'expérimenter également sur votre plan. Il leur est impossible d'intervenir, ne serait-ce même par un simple conseil, sans votre ... appel, je dirais, sans votre accord. Vous êtes dans un champ d'expérience de total libre arbitre. Ceci est très important. Il n'y a jamais aucune entité, qu'elle soit incarnée sous forme humaine, comme vous, comme tous les gens que vous côtoyez, ou qu'elle soit non-incarnée sur votre plan qui peut intervenir dans votre vie sans votre demande et sans votre consentement.

Robert : Cela m'amène à vous demander: qu'est-ce que le libre arbitre, au juste?

Uriel : Je dirais, votre position de créateur. Votre capacité d'exercer vos choix en totale conscience, peu importe qu'il vous en semble ou non et d'exercer votre pouvoir de créateur.

Robert : Mais lorsqu'on dit que dans la vie il n'y a pas de hasard, que les choses qui doivent arriver arrivent…Il n'y a pas là une contradiction ?

Uriel : Je vois pourquoi vous pouvez vous poser cette question mais si vous regardez dans l'ensemble de votre réalité, vous allez réaliser que vous avez créé ce qui arrive, donc il n'y a pas de hasard. Vous ne l'avez peut-être pas créé au niveau de l'ego; vous n'en êtes peut-être pas conscients vu, je dirais, de l'intérieur de ce schéma de conscience, de cette réalité de conscience que vous avez créée avec l'ego, mais vous êtes totalement les créateurs de ce qui vous semble prédéterminé, je dirais.

Robert : D'accord; alors pourquoi dans toutes les religions du monde, la formule que tous ont imaginée et utilisée est la prière ? Pourquoi on prie si nous n'avons rien à demander ?

Uriel : Parce que vous avez créé l'illusion de la dualité et donc de la séparation. Vous avez créé l'illusion d'être différents de Dieu, c'est-à-dire différents de la réalité universelle, différents de l'état d'amour universel, universel dans le sens de ce qui est, tout ce qui est. Vous avez créé ce ... voile et vous le maintenez de cette façon. La prière vous sert à maintenir ce voile parce qu'elle vous sert à maintenir l'illusion de la séparation entre vous et l'entité suprême que vous priez. Mais elle vous sert également de rappel, de méthode pour vous rappeler qu'ultimement, vous faites partie de ce tout. Vous êtes ce tout. Me suivez-vous ?

Robert : Oui, oui. Alors, lorsque l'on dit que la prière – il y en a qui sont différentes les unes des 'autres, c'est normal – et on dit que certaines prières ont plus de force que d'autres. Qu'est-ce que cela veut dire – est-ce que c'est lié au choix des mots?

Uriel : Cela veut dire que lorsque l'individu a déjà accompli une certaine identification avec la conscience, qu'il se situe dans sa conscience d'être beaucoup plus en unité qu'en état de séparation, d'illusion, il ... il produit, je dirais, un impact beaucoup plus direct sur la trame de la réalité, sur la trame énergétique. Il peut alors créer beaucoup plus facilement que celui qui prie à côté de lui et qui se croit profondément, dans son ... humilité, entre guillemets, différent et séparé de l'être suprême qu'il est en train de prier. Ce qu'il dit à cet être suprême, c'est-à-dire ce qu'il dit alors à la réalité de la conscience est beaucoup plus : "je suis séparé et je désire rester séparé. Je désire continuer à créer ma réalité en tant qu'être séparé, en tant qu'être différent, prisonnier d'un schéma, prisonnier d'une coquille, prisonnier de mon ego". Cet être n'est pas arrivé au moment du choix de se libérer de cette coquille. Et son choix, sa position, je dirais, possède la même validité que celle de l'individu à côté de lui qui commence, je dirais, à faire craquer cette coquille et aller vers l'unité. Les deux expériences ont la même validité.

Robert : Ça va. Il y a un autre sujet, d'un autre ordre. J'aimerais savoir ce que c'est qu'un égrégore. J'ai entendu diverses définitions et j'aimerais savoir de quoi il s'agit, au juste?

Uriel : Un égrégore est tout simplement un champ de conscience unifié. Lorsque plusieurs individus amènent en contact leurs différents champs de conscience, nous pourrions dire – car en réalité vous avez déjà probablement compris qu'il n'existe qu'un seul champ de conscience – mais lorsque chacun des individus amène la conscience de ce champ de conscience en contact avec celle des autres, ces états … ces états de conscience s'unifient et créent ce que j'ai appelé premièrement un champ de conscience unifié. Bien sûr, à ce niveau, le champ de conscience unifié qui est l'égrégore devient ce que vous-mêmes concevez déjà comme étant une réalité plus grande que la somme de ce qui l'a constitué. Puisque ce champ de conscience devient ce que vous pourriez ... comparer à une entité, ce que vous appelez une entité – ce n'est pas la bonne comparaison, ce n'est pas la bonne image, mais il est difficile, ici, de trouver une image qui pourrait illustrer ce qu'est l'égrégore – ce champ de conscience possède sa propre conscience. Il est constitué … il est un gestalt et il devient, au fur et à mesure de l'investissement d'énergie, en quelque sorte, un être valide. C'est comme s'il devenait un être en soi, possédant sa propre volonté, d'une certaine façon, sa propre intelligence. Mais, l'égrégore reste lié aux consciences qui l'ont formé. Maintenant, à ce niveau, à ce sujet, comme bien d'autres, il est souvent appliqué les notions de positif et de négatif. L'égrégore n'est ni l'un, ni l'autre. L'égrégore est une création énergétique; il est neutre. Il est une sorte d'entité énergétique et il peut être utilisé par ceux qui se lient à lui, soit en le formant, soit en se joignant à ceux qui l'ont formé.

Robert : Je comprends bien. Maintenant, il me reste deux dernières questions. Nous avons les connaissances et nous avons le cheminement – les connaissances acquises, c'est facile; nous lisons des volumes, nous lisons des choses, nous discutons, donc les connaissances acquises, ça se fait bien. Par contre, le cheminement intérieur est autre chose et souvent les connaissances acquises servent au cheminement. Bien des gens ont de la difficulté à intégrer les connaissances au niveau d'un cheminement intérieur. Y a-t-il une façon de s'y prendre?

Uriel : La seule façon que ces connaissances puissent participer du cheminement, est dans la mesure où elles peuvent servir d'indication, qu'elles peuvent pointer vers, je dirais, une avenue d'expérience. Le cheminement lui-même se fait par le biais de l'expérience directe. Il n'y a pas d'autre façon. Ce n'est que par l'expérience directe.

Robert : L'expérience directe, c'est quoi?

Uriel : Vous êtes une expérience. Si vous voulez, disons intégrer la réalité de l'amour, disons dans votre cheminement, vous devez vivre directement cet amour, vous devez laisser votre être s'en imprégner, vous devez devenir cet état. Votre conscience doit arriver à la luminosité de cet amour. Si vous désirez intégrer dans votre cheminement la dynamique de la justice, la dynamique de la vitalité, vous devez en faire l'expérience directe. C'est la seule façon. Les connaissances que vous allez puiser vont peut-être vous servir, justement, de direction, de pointeur, vous indiquer une avenue d'expérimentation, de recherche, mais dans bien des cas ces connaissances vont également constituer le plus grand obstacle dans votre démarche parce que vous allez les identifier comme étant une démarche et elles vont prendre la place de l'expérience directe.

Robert : Oui, je comprends. Maintenant, lorsque l'on parle d'expérience directe, de réalité, est-ce que je fais erreur lorsque je pense que tout le côté matériel de notre vie est souvent la cause première de toute l'insécurité que l'on vit et de là, le fait que nous passions à côté de ce qui est important et qu'on passe toute notre vie à se débattre avec cette insécurité?

Uriel : Alors, oui beaucoup de gens passent toute leur existence à se débattre dans ce schéma qu'est l'insécurité, en effet. Mais vous avez là une magnifique illustration d'un schéma de création, justement. Si vous regardez attentivement et que vous démontez ce schéma vous voyez d'abord une conscience qui crée l'illusion de la limitation, de la séparation, de la différence qui est l'ego, qui crée ce que j'appelais tout à l'heure la coquille. L'être se renferme dans cette coquille et se sent à partir de ce moment totalement isolé et donc sans aucune protection, sans la force, sans la puissance qu'il pouvait tirer de son unité avec le tout. Bien sûr, c'est une illusion qui s'est créée ici, car en réalité cet être demeure en unité avec le tout. Mais, dans ce cas, il a choisi d'expérimenter à partir d'un sentiment de besoin, d'un sentiment de manque ou d'un sentiment de restriction et il base son expérience sur l'identification à sa coquille, l'identification à ce niveau.

Aussi longtemps qu'il est identifié à cette structure très temporaire qu'est l'ego, il vivra bien sûr cette insécurité, peut importe sa façon de tenter de la combler. Cette insécurité lui vient du sentiment d'annihilation que sera la disparition de l'ego. Cette insécurité est rattachée à ce que vous concevez comme étant la mort, cet arrêt, cette cessation de l'être. En réalité, vous savez de plus en plus que votre être ne ... ne s'annule pas, je dirais, à ce moment. Ce que votre ego ignore, c'est que lui non plus n’est pas annihilé, car ce processus est impossible, l'annihilation est impossible. Votre ego est réintégré, je dirais, redevient consciemment un aspect de la conscience. Ce que vous pouvez appeler identité demeure, votre ego conserve son identité, mais unifié, je dirais, à l'essence.

Robert : Oui, je vois bien. Cette question de l'insécurité m'amène à penser au fait que les religions se multiplient et les mouvements initiatiques et je me demande quelle est la différence entre les deux?

Uriel : Lorsque ... évidemment je suppose que votre question sous-entend les deux institutions à leur niveau réel d'existence et non ... transformée comme elles peuvent l'être maintenant par tous les jeux humains. Vous entendez la religion en soi, les mouvements initiatiques en soi.

Robert : Oui. Il y a toujours eu des jeux humains, là-dedans.

Uriel : Bien sûr, ils sont créés par des humains. La religion s'est voulue comme structuration de la pensée, comme mode de structuration et de, par le fait même, sécurisation de cet aspect de la conscience qu'est l'ego. C'est la méthode, je pourrais dire, qu'a trouvé l'ego pour se situer lui-même, je dirais, ... créer une fausse identité spirituelle, je dirais, puisque cette identité continue évidemment à se baser sur la séparation – la séparation de l'être humain d'avec l'être divin. Le mouvement initiatique, la plate-forme initiatique se veut effectivement ceci, une plate-forme. Dans son mouvement initial, il est la tentative ... ce n'est pas le bon terme … il est la présence de la conscience éveillée, de la conscience de l'essence dans le schéma, à l'intérieur du schéma de l'expérience de la dualité. Il est la méthode qu'utilise la conscience pour conserver le canal ouvert, je dirais, vers l'essence. Parfois le canal reste pur, parfois il se corrompt mais cela n'a pas vraiment d'importance puisque le mouvement se fait toujours vers l'essence, dans ce cas. Si le canal est corrompu, il finira toujours par se transformer. Me suivez-vous?

Robert : Oui, oui, j'ai bien saisi. C'était ma dernière question mais je rajouterais, est-ce que ça vaut la peine de se questionner ainsi?

Uriel : Par votre questionnement, vous maintenez les avenues ouvertes, vous maintenez les portes de la connaissance ouvertes. Le danger de votre questionnement est qu'il devienne lui-même l'objet de votre démarche; que vous en arriviez au sentiment que la démarche elle-même est le questionnement, sous quelque forme que ce soit, alors que la démarche, ce que vous appelez la démarche est la possibilité que vous vous donnez de l'expérience directe et de l'accroissement du champ de conscience vers votre essence.

Robert : Oui, je vous suis. Il me reste à vous remercier beaucoup, beaucoup.

Uriel : Le plaisir fut très profond pour moi, également et j'espère que cette expérience pourra se reproduire dans des temps relativement rapprochés. Je vous salue, mon ami. À bientôt.

source: arielpage.com
Publié par Phénix