Comme à l’occasion de tous les cycles de transformation profonde, l’assimilation de nouvelles valeurs ne se fait pas sans le renversement des anciennes. Comme à la naissance, l’ élan de vie n’émerge pas sans douleur. Si nous avons l’impression de souffrir beaucoup aujourd’hui, individuellement comme collectivement, c’est que les prémices d’une vie nouvelle nous enveloppent peu à peu. Réjouissons-nous de voir nos fondations se lézarder, nos croyances se démanteler, nos repères s’effacer devant l’inconnu. C’est qu’ils n’étaient pas si bons que ça. Le progrès ne s’opère que par le rejet de l’ancien dans la mesure où le passé porte en lui les gènes de la mort. Si l’Ancien résiste au changement, c’est qu’il peut encore nourrir la vie, comme une maxime de sagesse de Sénèque, un texte sacré aux enseignements immuables, le cycle des saisons, l’enfantement ou la marche de l’homme…

Si nous passons par une zone de turbulence personnelle ou planétaire, c’est que les grands axes autour desquels nous bâtissions nos projets de vie étaient contaminés par les peurs ou les certitudes, le refus du changement et le rejet des différences, la résignation et l’ensommeillement sur les acquis, l’égoïsme et l’avidité. Si les choses bougent, c’est qu’elles doivent mourir. Si elles meurent, c’est qu’elles ne contribuaient plus au progrès des consciences ou que les leçons qu’elles étaient venues apporter ont été assimilées. Leur effacement au profit d’une refonte de nos comportements permet lui, le progrès le l’humanité. Il faut donc s’en réjouir et accepter les changements, même douloureux, pour s’ouvrir avec confiance à l’inconnu, aux terres inexplorées du futur, aux défis qui nous attendent et nous sourient.

Ainsi, avec cette amplitude intérieure, nous saurons remercier un jour ceux qui nous ont quitté(e) brutalement, ceux qui, à nos yeux, sont responsables de nos échecs. Grâce à eux et à notre aptitude à dominer l’épreuve avec courage et intelligence, ils nous auront remis sur une route plus adaptée à notre quête personnelle. Avec cette confiance que tout arrive pour le meilleur, nous n’aurons plus peur de perdre notre emploi, de ne plus voir nos enfants autant que nous le souhaiterions ou de perdre notre fortune ou nos biens. Et nous saurons faire de notre épreuve un levier extraordinaire pour grandir. Ne maudissons donc plus la maîtresse de notre compagnon, l’amant de notre femme, le maître d’école désagréable, le père trop absent, la mère alcoolique, la pluie qui tombe, la grippe ou l’accident. Ils sont tous là pour nous dire quelque chose. Ils nous donnent la chance de dénouer une intrigue en nous, d’éclairer une part d’ombre qui nous échappait.

Du point de vue de la planète, les crises sont aussi porteuses d’espoir et de renouveau. Les catastrophes naturelles nous rendent solidaires à l’échelle mondiale. Elles nous font prendre conscience de la nécessité du respect de l’environnement et du privilège d’être en vie. Les maladies liées au règne animal nous font réfléchir sur la manière dont nous traitons les animaux et sur celle dont nous nous nourrissons. Le pouvoir concentré entre les mains de complexes militaro-industriels, de grandes entités économiques dépossédées d’humanité nous redonnent le goût de se réapproprier du pouvoir sur notre vie, de faire reluire notre sens de la liberté comme un objet en argent après le passage d’un chiffon imprégné de produit nettoyant.

Et tous ces symptômes de l’espoir sont de plus en plus visibles aujourd’hui. Les nouveaux chefs d’entreprise garants de valeurs incontournables de la créativité et de l’esprit d’initiative qui privilégient la recherche du bien-être à l’appât du gain poussent comme des champignons. Les ONGs seront bientôt plus puissantes que les agences humanitaires des Nations-Unies. Plus que jamais apparaissent des personnages vivants, visionnaires, ayant inventé et mis en œuvre, dans leur domaine ou sphère d’influence, des solutions innovantes à des problèmes de développement durable que l’humanité échoue généralement à résoudre. Loin de se faire dominer par les nébuleuses des Etats, la rue prend de plus en plus les armes de la contestation grâce aux nouvelles technologie et Internet en particulier, qui lui donnent les moyens de s’instruire et de prendre conscience de la sauce à laquelle elle ne veut plus être mangée.

Alors ne vous inquiétez plus. Si tout semble s’écrouler autour de vous ou en vous, imaginez alors que ce qui se déchire n’est autre que le cocon de la chenille que vous étiez pour laisser s’ébattre le papillon que vous êtes en train de devenir...

source: 144000.fr
Publié par nounou