C’est une beauté époustouflante, nichée au creux de l’enfer. A Naica, au nord du Mexique, d’incroyables cristaux de gypse de plus de 10 mètres de long jaillissent dans des grottes à l’atmosphère intenable : l’humidité dépasse 90 % et la température frise parfois les 60 °C. Mais quelques minutes suffisent pour s’en mettre plein les yeux. Les pelleteuses de la société Pi ñ oles qui creusaient les galeries d’une mine attenante sont tombées sur ce trésor géologique. Les scientifiques s’interrogent depuis sur la spécificité du lieu. La formation du gypse n’est pas un mystère : de l’eau contenant de l’acide sulfurique circule longuement dans les fractures et interstices du socle et dissout au passage le calcium des roches. Ainsi chargée en sels minéraux, elle débouche dans une cavité, une grotte, où elle s’évapore doucement en déposant du sulfate de calcium hydraté, appelé communément gypse (Ca SO 4 , 2H 2 0). Alors que les plus beaux spécimens de cristaux connus sous nos latitudes atteignent à peine 25 centimètres, pourquoi ceux de Naica sont-ils démesurés ? Leur secret – pas encore totalement percé – tient aux particularités du cocon confiné que forment ces grottes : l’exploitation de la mine a nécessité un pompage de la nappe phréatique et laissé une atmosphère chaude et très humide, indispensable pour que le liquide dégouline régulièrement en petites quantités le long du cristal jusqu’au sommet, où il y dépose ses ultimes sels. Et à l’eau, peu chargée en minéraux, condition nécessaire pour éviter la formation de nouveaux cristaux. En somme, un concours de circonstances rare, unique au monde .

http://www.naica.com.mx/media/win-sp_1mb.htm

source: sciencesetavenirmensuel.nouvelobs.com
Publié par ami