J’ai eu la chance de débuter à une époque charnière pour la coiffure homme, et c’est là que j’ai commencé à travailler au rasoir. Mon patron d’apprentissage m’a enseigné à l'aiguiser sur la pierre, ce que l’on ne fait plus aujourd’hui ; j’ai appris l’ancienne technique au début de ma formation et cela avait beaucoup de force pour moi. Ma patronne de province ne me laissait pas donner des coups de peigne, mais par contre, je savais déjà couper les cheveux, de façon naturelle. Quand je suis arrivé à Paris, un soir ma mère est venue au salon. Ma patronne m’a donné un rasoir et m’a dit : «Allez-y ! ou vous savez faire ou vous ne saurez jamais !» Cette femme a aujourd’hui 83 ans. Elle avait une vie spirituelle et un développement personnel extraordinaire, mais je ne l’avais pas compris à ce moment-là. J’ai commencé à couper sans savoir. Pour elle, on n’apprenait pas, c’était au bout des doigts. Après 1968, la coupe aux ciseaux est arrivée. Les coiffeurs n’ont plus laissé parler leur intuition, leur sensibilité car avec les ciseaux, il n’y a pas d’expression. Le rasoir, lui, par contre est vraiment le prolongement de la main. Avec un rasoir on peut tout faire, on peut sculpter ! D’ailleurs, la coupe homme s’appelait la coupe sculptée !

MDG : Pendant un an, vous avez été le coiffeur particulier de la reine Noor de Jordanie. Que vous a apporté cette expérience ?

R. Portrait : Cela m’a beaucoup apporté. Lorsque j’ai commencé à travailler à Paris, on ne m’a pas regardé dans les concours, j’étais le petit provincial et je n’avais pas la méthode parisienne. Mais j’avais de l’ambition et j'étais venu à Paris pour faire carrière. A 22 ans, j’ai fait les concours nationaux, puis les championnats de France, le grand prix de Rome en 1972, les championnats d’Europe en 1974 et du Monde en septembre 1975. En trois ans, ma carrière a été un enchaînement de succès. C’était intensif, il fallait investir beaucoup, car je devais payer mes voyages et les mannequins. Puis, l’Oréal m’a remarqué ; je suis devenu un collaborateur et je gagnais bien ma vie. En 1978, j’ai rencontré le coiffeur Monsieur Alexandre de Paris, qui m’a demandé de travailler avec lui. De 78 à 85, j’ai fait partie de son équipe. Nous avons voyagé dans le monde entier. C’est lui qui m’a présenté à la reine Noor, et je suis parti travailler un an en Jordanie. C’est une belle expérience, une vie que l’on n’imagine pas. Avec les voyages officiels, la reine est très sollicitée, c’était trois ou quatre jours de travail intense, mais le reste du temps à Amman, je n’avais pas grand-chose à faire. C’était un peu la vie rêvée, mais aussi une prison dorée. La reine Noor a fait partie des gens mis sur mon chemin, et puis cela m’a donné du prestige. Il faut dire qu’elle est belle, et coiffer une telle femme, c’est valorisant pour un coiffeur.

MDG : Parlons de votre démarche personnelle : en 1986, vous découvrez le shiatsu, vous rencontrez Michel Odoul* et, en parallèle, vous faites un travail sur vous et vous voulez devenir thérapeute ?

R. Portrait : A l’époque, j’ai vendu mon salon à quelqu’un qui m’a entraîné dans une faillite crapuleuse. J’ai tout perdu. J’ai cherché à comprendre pourquoi on m’avait tout enlevé, alors j’ai commencé par un travail de développement personnel et cela a été une révélation. J’avais tout perdu, mais quelques années après on m’a redonné autre chose : en fait, c’était ce que j’avais dans les mains. Mes clients me disaient qu’il s’était passé quelque chose, alors que je n’avais pas changé ma façon de couper les cheveux. Avant de partir chez la reine Noor, j’avais commencé mon premier séminaire de développement personnel. Ensuite, j’ai continué, et j’ai rencontré Michel Odoul, et j’ai appris le shiatsu. Quand je suis revenu en France en 1987, j’ai commencé à intégrer le shiatsu par rapport au corps. Ensuite, j’ai rencontré Robert Zirmi, un biologiste et bulbologue, qui m’a expliqué ce qui se passait biologiquement dans le corps. J’ai retravaillé alors mes anciennes techniques de rasoir apprises en 1962 en apprentissage ; j’ai approfondi la technique qui consiste à prendre le cheveu à l’envers, c’est-à-dire en partant du bas vers le haut, et ensuite avec Robert Zirmi, nous avons photographié au microscope, avant et après la coupe, pour voir ce qui se passait au niveau énergétique.

MdG : Et cette envie de devenir thérapeute, vous l’aviez toujours ?

Cela était inscrit profondément en vous ?

R. Portrait : Oui, après ma rencontre avec Michel Odoul et Robert Zirmi, le lundi, je soignais chez moi. En 1992, j’avais tellement de monde que j’ai voulu arrêter la coiffure. J’ai mis mon salon en vente, signé le compromis, et je suis parti. Je voulais travailler 3 jours par semaine chez Alexandre pour abandonner la coiffure petit à petit. J’ai dit au revoir à mes clientes, mais mon acheteur n’a pas eu ses crédits. Six semaines plus tard, j’ai dû reprendre mon salon. C’est là qu’un soir j’ai compris grâce à une cliente que je devais aider les gens, non en les soignant mais en m’occupant de leurs cheveux. Une fois que j’ai eu compris cela, tout s’est mis en place. Michel Odoul m’a fait rencontrer une thérapeute québécoise, Claudia Rainville, et pendant un an et demi, j’ai fait toute ma formation thérapeutique avec elle. Dans ce stage, il y avait un podologue, il soignait par le pied, moi c’était par le cheveu. En 1995, j’ai fait ma première conférence à Annecy, et tout s’est déclenché. J’ai commencé à écrire mon livre «Cheveu, parle-moi de moi », et le tapis rouge s’est déroulé. J’ai perçu et ressenti des choses, tout a commencé alors dans le ressenti des mains. Je pense que notre vie est en partie tracée, il faut être prêt à capter les signes.

MdG : Tous ces signes sont liés à quoi ?

R. Portrait : Moi je dis que tous ces signes viennent d’en-haut. Il y a eu une période de ma vie où je ne priais pratiquement plus, et lorsque j’ai commencé à travailler dans des groupes de relaxation, la prière est revenue. Cela m’a ouvert complètement. A la suite d'un séminaire que j’ai fait au Rajasthan en janvier 2004, je suis revenu avec une foi renforcée. Je ne demande rien, tout arrive. Il a fallu que je comprenne que mon rôle sur terre, aujourd’hui, était d’aider les autres à travers les cheveux et non par le corps. Le jour où j’ai admis cela, tout a basculé. Les épreuves m’ont apporté énormément. Si je n'avais pas vécu ces expériences, je n’aurais pas compris tout cela. Ensuite, j’ai entrepris de former des coiffeurs. Bien sûr, je ne pouvais pas tout garder pour moi, il fallait redonner. Et ce que m’apportent mes élèves en retour me permet d’aller plus loin. On doit donner pour recevoir, c’est là une loi fondamentale. L’enseignement est un cadeau du ciel : les élèves vous poussent, vous font avancer !

MdG : Pour vous la médecine traditionnelle chinoise est très importante. Comment décodez-vous le cheveu avec cette connaissance ?

R. Portrait : En médecine chinoise, il y a la loi des 5 éléments. Chaque élément régit un organe et un viscère. Il y a la loi d’engendrement et la loi de contrôle. J’ai développé ces aspects dans un chapitre de mon livre, je ne vais donc pas l’expliquer ici. Prenons un cas concret qui date de ce matin : une femme de 27 ans perd ses cheveux par périodes. Elle a commencé à les perdre à 15 ans, puis à 18 ans et à 20 ans. Tous ses amis la quittent, elle ne peut pas prendre d’initiative seule, et c’est toujours l’homme qui la rejette, jamais elle. Les verbes décider et trancher reviennent toujours : à travers cela, je sais qu’elle a une faiblesse sur le Métal (qui régit le Poumon et le Gros Intestin), car le Métal va permettre de trancher et de contrôler le Bois. J’ai pu le lui expliquer. Quand elle avait 15 ans, au moment de décider de son avenir, en fin de troisième, elle voulait choisir les arts plastiques, mais ses parents lui ont fait faire des études de secrétariat. Elle n’a pas pu prendre sa vie en mains, ses parents ont décidé à sa place. Quand elle a une rupture sentimentale, cela joue aussi sur le Métal, d’ailleurs lié au deuil et à la tristesse. Comme le Métal régit l'élément Eau, élément du Rein, si cette énergie est perturbée, insuffisante, cela va mal nourrir le Rein et aura des répercussions sur le cheveu. En plus, comme c’est beaucoup lié à l’affectif, à ses relations amoureuses où elle n’arrive jamais à aller jusqu’au bout, son énergie du Bois est perturbée, car touchée affectivement. Avant le shampooing, son examen du cuir chevelu montrait la fragilité, l’hyperhydrose sur le Rein et un peu sur le Foie. Lorsque j’ai pratiqué la vibration sur le cheveu, elle l’a ressentie sur le chakra du Cœur. Le Cœur est lié au Foie et à la Vésicule Biliaire, qui sont les trois éléments perturbés chez elle. Pour la personne qui va dire : je ressasse tout le temps, je suis lasse, je ne peux pas, on saura qu’elle a un problème lié à l’élément Terre et à l’organe Rate. C’est le rôle du thérapeute de voir ces choses. En écoutant, en parlant, les gens vous disent quelles sont leurs fragilités. Ensuite on peut, bien sûr, demander la couleur qu’ils aiment, le moment de la journée qu’ils préfèrent, on sait à quoi cela correspond sur le plan énergétique. Quand on est en consultation, les gens peuvent paraître joyeux, mais ils cachent souvent un mal-être, une tristesse ou une colère rentrée. Comme pour cette jeune femme que j’ai reçue tout à l’heure : je lui ai dit qu’il s’était passé quelque chose, une séparation avec un homme. Elle était étonnée : cela fait dix ans qu’elle déprime. Elle y avait repensé le matin et voulait envoyer un mail pour finir une relation qui s’était mal terminée. Comme cela, nous avons pu travailler sur la libération, elle a vu toute l'ampleur de la souffrance qui restait encore attachée à cette relation inachevée.

http://michellebigot.images.monsite.wanadoo.fr

MdG : Le vécu des séparations est-il inscrit dans le cheveu ?

R. Portrait : Il est inscrit derrière les oreilles. La zone de l’oreille est liée à l’écoute et à l’entente par rapport au couple.

MdG : Comment procédez-vous ?

R. Portrait : Je touche les cheveux, je les brosse dans tous les sens et, selon le vécu de la personne, le cheveu va prendre une position. Un mouvement va se dessiner et, à travers ce mouvement, je peux comprendre qu’il y a une séparation, une faiblesse, une blessure, un deuil.

MdG : Le cheveu est un support qui mémoriserait les événements chocs ?

R. Portrait : La consultation a pour but de faire remonter à la mémoire des événements. Lorsque je travaille la mèche de cheveu, je dis sur quel méridien je travaille. Sur la tête nous avons les méridiens du Vaisseau Gouverneur, de la Vessie, de la Vésicule Biliaire et du Triple Réchauffeur qui correspondent chacun à un organe et à un viscère. J’émets une vibration dans la conscience de l’événement qui a bloqué la vie. Je demande à la personne de faire plusieurs coupes en général pour avoir un résultat. La jeune femme a senti son plexus cardiaque qui s’ouvrait dans la coupe de tonification ou apaisante. Le fait de revenir plusieurs fois permet de continuer le travail ; ce n’est que de la technique, mais le travail de libération continue. On a vu les trois éléments fragiles chez elle. Elle avait lu mon livre et j’ai pu lui expliquer. Ce qui est intéressant, c’est que l’on retrouve les mêmes éléments que ce soit dans la consultation, grâce à la caméra, ou par ce qu’elle a ressenti en vibration. Une fois que l’on travaille comme cela, on a vraiment l’outil réel.

MdG : Parlez-nous de la vibration du rasoir : Que déclenche-t-elle ?

R. Portrait : Sa lame en acier mesure 7 cm. On retrouve les 7 notes de musique, et chaque chakra correspond à une note de musique. Je tends le cheveu. Vous savez que le cheveu est hygrométrique : il s’allonge par temps humide. Un millimètre par centimètre. La puissance de la kératine est énorme. Quand le cheveu est humide, je prends mon rasoir et je pars à l’envers, je remonte, et j’entends une vibration. Selon la façon dont je tiens le rasoir au début ou à la fin, dans les notes graves ou aiguës, cela ne produit pas la même vibration dans le corps. Je teste sur quelle vibration je peux aller, car il y a des gens avec lesquels je ne peux pas descendre dans le grave, parce que c’est encore trop fort pour eux. D’autres ne peuvent pas supporter l’aigu. Si je prends la lame entière, je fais un tempo large et plus supportable pour la cliente. Cette vibration passe à travers les écailles du cheveu, elle va stimuler la papille dermique, activer la circulation du sang et redresser le petit muscle érecteur. Ensuite, la boîte crânienne va servir de boîte de résonance, ce qui va toucher le cortex, les deux lobes du cerveau, puis l’oreille interne. Cela fait parfois une résonance dans les oreilles pour les gens qui n’entendent pas. Puis la vibration passe dans le corps par le liquide céphalo-rachidien. Quand on travaille en vibration tonifiante et apaisante, on l’entend, et on réalise alors que la boite crânienne est bien une caisse de résonance. Le son émis sur les cheveux est impressionnant, il descend le long de la colonne vertébrale jusqu’au sacrum, et peut même toucher un chakra.

MdG : Le cheveu porte une mémoire. On le sait en criminologie. Vous expliquez dans votre livre que le cheveu est relié à l’organe Rein et au méridien de la Vessie. La Vessie est reliée aux vieilles mémoires, alors qu’est-ce qu’une vieille mémoire ?

R. Portrait : Par rapport à votre mère ou à votre grand-mère, vous avez hérité d’elles : c’est la psycho-généalogie. Dans votre vie personnelle, vous avez des choses engrangées – l’épi est un tourment – il y a des tourments de famille qui se répètent aux mêmes endroits. Quand on les touche, on libère cette mémoire. Souvent les clientes demandent aussitôt à uriner. C’est le liquide organique qui va permettre d’éliminer cela. Autrefois, quand on avait peur, les grands-mères disaient «Va faire pipi !» La peur, le choc, c’est le cheveu qui blanchit dans la nuit. Il y a des frisures de peur, et des pertes de cheveux rapides. On va vraiment toucher l’énergie de l’eau et neuf fois sur dix, quand il se passe quelque chose de fort, l’élimination des liquides organiques se fait rapidement.

MdG : Quelles sont vos découvertes sur le cheveu du bébé avant la naissance ?

R. Portrait : On m’avait dit que l’âme s’incarnait au moment de la naissance, mais je pense qu’elle le fait avant. Chez le fœtus, le cheveu se met en place dès l’âge de 6 mois. C’est le «cheveu d’ange», qui n’a pas de kératine, il est soyeux. Lorsque les cosmonautes sont en apesanteur, la kératine ne se forme pas. C’est la même texture. Il est donc important d’enlever les cheveux d’ange pour que, avec l’oxygène de l’air, le cheveu acquière la kératine et devienne adulte. Il y a beaucoup de croyances : à ce sujet, les Africains ne les coupent pas avant 4 ans, les Indiens vont les couper à 21 jours. On ne coupe pas les cheveux des bébés chinois : c’est la force qui est dedans, les Japonais gardent une mèche. Je fais des coupes pour les bébés, et les cheveux sont très beaux par la suite ; mais je ne me suis pas spécialement penché sur ce cas. Ce qui m’intéresse, c’est plutôt la chromothérapie.

MdG : Les expériences avec les photos Kirlian vous ont-elles beaucoup apporté ?

R. Portrait : Oui, cela m’a permis de prendre conscience. Les photos révèlent des choses. J’ai fait une expérience avec une de mes assistantes qui travaillait avec moi depuis 7 ans. Je lui coupais les cheveux, mais je ne connaissais pas son histoire. Un jour nous avons fait des photos Kirlian, avant la coupe et après, pour voir la différence. Les photos ont montré un traumatisme ancien sur son pied, ce qui révélait un problème lié à son père. En effet, son père était parti et elle le cherchait toujours. Elle a pu me raconter son histoire… Lorsqu’on va chez un coiffeur que l’on ne connaît pas, ce n’est pas anodin : on lui remet ses énergies à couper. Il faut que les deux personnes s’accordent. Il y a une interaction, cela se passe de corps éthérique à corps éthérique. De façon consciente ou inconsciente, l’être a envie de changer quelque chose et de se sentir mieux.

MdG : Le fait de couper les cheveux va donc entraîner des changements ?

R. Portrait : Une coupe d’entretien, c’est une chose, mais lorsqu’il s’agit d’une coupe de transformation, c’est-à-dire quand on passe du cheveu long au cheveu court, il se produit alors vraiment quelque chose à l’intérieur. C’est symbolique : on enlève une mémoire. Je touche l’être par rapport à la loi des cinq éléments pour savoir où il en est sur le plan physique, psychologique, émotionnel, pour savoir vers où le guider. Il faut se servir de sa sensibilité. Mais il est vrai que ce n’est pas anodin : une coupe de transformation est liée à un grand changement dans la vie de la personne.

MdG : Diriez-vous que couper le cheveu peut provoquer des libérations importantes…

R. Portrait : Oui, bien sûr, et parfois cela aide à libérer des choses au-delà de ce que l’on pourrait imaginer. Dans des cas exceptionnels, des souvenirs antérieurs peuvent resurgir. J’ai connu une jeune fille, dont le frère de sa grand-mère s’était suicidé. Maintenant en psycho-généalogie, on sait que les problèmes non résolus, les non-dits peuvent sauter une génération et se retrouver chez les petits-enfants. Donc, cette jeune fille a ressenti une souffrance lors de la coupe, elle est même devenue violette et c’était impressionnant. Je sentais qu’elle vivait quelque chose qui était en dehors d’elle, mais elle ne pouvait pas parler sur le moment. Petit à petit, elle a pu s’exprimer. Elle connaissait cette histoire, mais ne pensait pas que cela la concernait. J’ai continué la coupe et après, cela lui est revenu. Le cerveau va toujours chercher après, là où c’est inscrit. C’est extraordinaire. J’ai eu aussi le cas d’une femme qui s’est complètement métamorphosée lors de la coupe. A ce moment-là, elle a retrouvé une vie antérieure où elle était une femme indienne. Elle était morte dans de grandes souffrances et elle en gardait des traces. Cette coupe l’a vraiment libérée et sa vie en a été transformée. Encore une fois, ce sont des choses qui se produisent très rarement, mais dans la mesure où chaque personne a son histoire…

MdG : Le titre de votre livre est «Le cheveu, fil de l’âme». Comment avez-vous trouvé cette expression ?

R. Portrait : Nous l’avons trouvée avec Michel Odoul. La colonne vertébrale a un canal médullaire et il existe aussi dans le cheveu, alors que le poil n’en a pas. C’est cette moelle qui est la vie, ce sont nos antennes énergétiques. Quand je travaille en vibration apaisante, je tourne le cheveu dans tous les sens pour faire passer la vibration. Je libère le cheveu dans son follicule pileux, parce qu’il est enserré par notre histoire. Donc, en le libérant, on travaille sur le plexus solaire, et c’est là le fil de l’âme. Souvent, dans la vibration apaisante, il se passe des choses aussi fortes que dans la vibration tonifiante. C’est pourquoi la jeune fille, au début, a senti le chakra du cœur qui bougeait et, en vibration apaisante, elle en a senti l’ouverture. __ MdG : Et la «taille diamant», qu’est-ce que c’est ?__

R. Portrait : Avec mon rasoir, je prends une mèche et je la remonte, puis je coupe en biseau, et cela de tous les côtés. La taille diamant, c’est une taille avec une multitude de biseaux dans tous les sens qui permettra au cheveu de mieux capter la lumière et de la refléter. J’ai une cliente qui a retrouvé, de cette manière, son blond vénitien de petite fille.

MdG : Parlez-nous de votre projet de travail avec les couleurs, en utilisant une lampe et des couleurs au moment où vous coupez les cheveux.

R. Portrait : Mon projet est de faire de la chromothérapie. J’utilise une lampe avec les 7 couleurs. Quand on a déterminé la couleur manquante chez la personne - bien sûr la couleur est en relation avec un organe, un viscère - le fait de couper les cheveux sous la lampe permet, grâce au photon du cheveu, de donner un ordre au cerveau, et de rétablir l’équilibre.

MdG : Dans l’uniformité actuelle, vous aidez chaque femme à se révéler à elle-même pour elle-même. Chaque femme ou chaque homme est un être particulier, unique, ayant son histoire. Couper les cheveux, coiffer, c’est faire prendre conscience de soi intérieurement, c’est faire ressortir l’être, son individualité, révéler la beauté intérieure.

R. Portrait : Les cheveux, c’est notre histoire. Si l'on s’occupe de nos cheveux, on s’occupe de notre histoire. Mon logo va être : «Pour être, libérez vos cheveux du paraître». A l’heure actuelle, les femmes veulent toutes ressembler aux images qu’on leur donne. Chez moi, il n’y a pas de photos de coiffure, c’est vous qui m’intéressez. J’ai envie que mon client soit lui. Il est important de respecter l’être. Une petite fille de province, qui venait pour la première fois, nous a dit : «Mes cheveux se réveillent !» C’est beau, non ?

MdG : Vous avez fait un grand parcours !

R. Portrait : Je continue à travailler sur moi, je ne peux pas arrêter. Je ne peux donner que si je peux continuer à avancer. Je coiffe de grands thérapeutes qui comprennent ce travail. On est vraiment porté, mais il faut se laisser guider. Il faut être confiant.

MdG : Merci de nous avoir reçues après votre journée de travail. Nous terminerons sur un poème chinois que vous avez cité lors d’une de vos conférences :

R. Portrait : «Les oiseaux de malheur rôdent au-dessus de vos têtes. Ne les laissez pas faire leur nid dans vos cheveux.»

Propos recueillis par Liliane Volokove

source: graal-france.net
Publié par paprika