L'enfermement émotionnel: Une émotion est une pulsion de vie qui cherche à passer. Inhiber une émotion parce que ce n'est pas le moment, le lieu, l'état permis, ne fait que bloquer cette vie qui veut circuler. Elle se retourne sur elle-même provoquant douleurs, malaises et maladies. Les émotions peuvent être enfermées en soi ou, la personne peut être enfermée dans sa tristesse, sa colère, son désespoir, sa peur... L'enfermement mental: L'univers de la pensée est pollué de croyances limitatives (je ne serai jamais capable) et d'images néfastes (la main du père frappant la mère) nées de l'enfance, qui tranquillement mais assurément amènent les murs de la prison intérieure à se refermer sur soi. La joie de vivre et l'amour de soi se retrouvent ainsi étouffés. Cet enfermement de la vie entraîne bien des maux. L'enfermement énergétique: Le corps physique baigne dans une enveloppe énergétique qui le nourrit et le protège. Les expériences vécues par la personne, et comment elle a tenté du mieux qu'elle a pu de se protéger de ses douleurs corporelles, émotionnelles et mentales, peuvent freiner la libre circulation de l'énergie dans cette enveloppe, influençant dans l'invisible l'état de santé psycho-corporel. Ces enfermements sont intimement liés. Une croyance limitative telle je ne serai jamais capable amène un immense sentiment d'impuissance qui peut conduire au désespoir. La personne n'ose avancer, rigidifiant ses jambes par la peur. L'énergie de ses profondeurs, contenant toute la puissance pour passer à l'action, reste figée et peut amener des douleurs physiques au ventre, au bas du dos, à l'articulation de la hanche, aux genoux, peut-être aussi au cou, jonction du coeur et de la tête, trait d'union entre la passion et la raison...

Se protéger Mais comment la personne en arrive-t-elle à s'enfermer elle-même ainsi?

Ces enfermements sont des mécanismes de protection que la personne a développés depuis son premier souffle de vie et même avant, depuis sa conception dans le ventre de sa mère. Ces protections viennent naturellement, spontanément, cellulairement, sans que le foetus ou l'enfant y réfléchisse, et visent une seule chose: protéger la vie.

Le foetus qui ressent un danger pour sa vie dans le ventre de sa mère, se rigidifiera d'une façon ou d'une autre pour protéger la vie, sa vie. Un enfant qui se fait réprimander pour quelque chose, se rigidifiera d'une façon ou d'une autre pour se protéger. Protéger son corps si la réprimande verbale est accompagnée de gestes physiques, protéger la conception qu'il a de lui-même s'il ressent celle-ci en danger. L'enfant, sans réfléchir, tentera de protéger son intégrité physique, émotionnelle et psychique en rigidifiant ses muscles, ses émotions et ses pensées. Il ne sait pas qu'il est en train de faire cela. Il sauve sa peau, c'est tout. Il sauve son être. Il se sauve de la douleur ressentie, quelle soit physique, émotionnelle ou psychique. L'enfant pourra développer une propension à pleurer s'il identifie que ses pleurs l'empêche d'être davantage réprimander. Il pourra bloquer toute émotion s'il perçoit que pleurer ou être en colère n'est pas permis. L'enfant tirera des conclusions sur ses expériences, par exemple pour que ma maman m'aime, je dois être sage, afin de s'attirer l'attention et l'affection de sa mère. Il développera l'attitude d'être sage car il perçoit que c'est la bonne chose à faire. Par la suite, l'enfant utilisera la même attitude pour attirer l'attention et l'affection de sa maîtresse d'école, encore plus tard de son (sa) partenaire de vie, de son patron, de ses clients, de ses employés,... C'est sans fin.

Un seul exemple, et déjà les conséquences des expériences de la tendre enfance sont pressenties. Sachant que le foetus, et par la suite l'enfant, vit de nombreuses expériences mettant à rude épreuve son équilibre physique, émotif et psychique, il est facile de comprendre, qu'un fois rendu adulte, cette personne utilise plusieurs mécanismes de protection qu'elle a mis en place dans son enfance. Elle a ces murs en elle, les murs de sa prison intérieure, construits de mécanismes de protection aux intentions positives mais au prix de la rigidité de tout son être.

Ces mécanismes de protection se déclenchent à la vitesse de l'éclair quand la personne rencontre une situation qui lui procure un sentiment de danger similaire à ce qu'elle a déjà vécu dans son enfance. La personne n'utilise pas sa tête pour identifier la similitude avec son passé. Elle le vit dans ses cellules.

S'enfermer Ces mécanismes de protection sont naturels et ont une intention positive: protéger la vie, se couper de la douleur ressentie. Toutefois à se couper de la douleur par peur d'avoir mal, par peur de sentir le manque d'amour, par peur de se sentir exclu du groupe familial, amical, social, professionnel,... la personne se coupe aussi de qui elle est vraiment. Elle présente aux autres une personnalité construite, la plus idéale possible, afin de recevoir de l'attention et être aimée. Elle pourrait tout aussi bien développer une personnalité la plus éloignée possible de l'idéal social mais toujours dans le but de recevoir de l'attention et être aimée.

Cette personnalité construite est la cage dorée, celle qui enferme à étouffer, celle qui fait que la personne se perd, s'égare, ne sait plus qui elle est vraiment. Et sous l'épaisse couche des murs de protection, il y a le vide... Ce vide intérieur, qui fait souvent si peur au point de projeter tout son être à l'extérieur, est en réalité un plein d'amour, de vie, de joie, de guérison et de confiance. Mais, il n'est pas accessible car tant de murs ont été érigés afin de protéger cette richesse intérieure!

De vouloir trop la protéger, cette vie en soi n'arrive plus à circuler librement dans le corps, dans les muscles rigidifiés, dans les émotions bloquées, dans les pensées limitatives. La vie bloque quelque part, tourne sur elle-même et finit par créer un mal-être, des malaises, des maladies. Alors, ce qui semblait adéquat dans l'enfance peut devenir étouffant, insatisfaisant une fois rendu adulte. Un enfant dispose de peu de ressources pour se défendre, prendre sa place, aller chercher de l'affection. Il ne réfléchit pas à ses besoins. Il les vit, les crie, les pleure et attend que papa ou maman réponde à cet appel. Un adulte a davantage de ressources. Il peut prendre conscience de ses besoins et s'organiser pour y répondre lui-même.

Cesser le cycle d'enfermement Cette personnalité construite dans le but de recevoir de l'amour fait en sorte que les faits et gestes de la personne sont soumis d'une façon ou d'une autre à ce que les autres vont penser, à la recherche de la perfection, au doute de soi, à la peur du rejet, de l'abandon, de la trahison, de l'humiliation, de la non-reconnaissance.

Ceci est un réel esclavage. L'esclavage de la recherche effrénée de l'amour à l'extérieur de soi, de reconnaissance de sa valeur dans le regard des autres, du droit d'exister dans ce que les autres reflètent à la personne. Et lorsque que ceci devient trop lourd car jamais atteint, l'isolement peut être la solution pour faire cesser cette quête folle et douloureuse. Identification totale à l'extérieur par peur de ressentir le vide intérieur, ou isolement par peur d'être blessé par l'extérieur.

Et ce, toujours de plus en plus. Ceci crée enfermement sur enfermement jusqu'à ce que...quelque chose arrive. Un jour, la personne peut réaliser d'elle-même qu'elle fait vraiment tout pour être aimée mais que ceci n'a pas de fin et cela la torture. Elle peut alors entreprendre des activités pour pacifier son être: yoga, méditation, massages, ateliers de croissance personnelle,... Mais il peut aussi lui arriver quelque chose de plus sérieux qui remet sa vie en question: maladie importante, accident grave, décès d'un être proche, séparation, perte du travail, etc. Par cette modification subite de son environnement habituel, la personne a la chance de poser un nouveau regard sur sa vie, sur elle-même, et elle peut alors décider d'y changer vraiment quelque chose.

Mais quoi et comment? Si se faire aimer de tous épuise et s'isoler irrite, quelle voie choisir?

Voici une troisième voie: celle de se regarder dans le miroir avec l'intention de retrouver l'amour de soi pour soi dans ce reflet de soi-même, dans ces yeux doux, absents, profonds, fuyants, présents, durs, aimants, qui regardent la personne devant le miroir. Cesser le cycle d'enfermement et, enfin, s'ouvrir à soi. S'ouvrir à sa sagesse profonde qui sait défaire les barreaux de la prison intérieure, libérer l'être, et redonner tout l'espace dont l'âme a besoin pour déployer ses ailes.

En un mot, renaître! Renaître et répondre à l'appel de ses véritables besoins, désirs, élans, en refusant dorénavant de se laisser contraindre par les influences qui entravent la libre expression de sa nature profonde.

source: lespasseurs.com
Publié par joss