L’état du trafic en France Les trois aéroports parisiens - Roissy, Orly et Le Bourget - et ceux situés au nord d'un axe Nantes/Lyon seront fermés jusqu'à lundi 8 heures. Sur tous les autres aéroports de l'Hexagone, le trafic reste perturbé, ajoute la DGAC en ce week-end de chassé-croisé des vacances de printemps.

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) «recommande très fortement» aux passagers de contacter leur compagnie et de ne pas se rendre dans tous ces aéroports. La paralysie exceptionnelle du nord de l'espace aérien français aura provoqué vendredi l'annulation de plus de 1.000 vols avec 120.000 passagers coincés. Le chaos aérien dans le Nord s'est répercuté sur les aéroports du sud. A Marseille-Provence, 104 vols sur 260 ont été annulés, et 186 vols, soit 60% du total, à Nice. Lyon-Saint-Exupéry a annulé 71 vols sur les 300 prévus.

De son côté, la SNCF, où un conflit social perturbe le trafic depuis dix jours, a annoncé avoir mis en place des trains supplémentaires pour 8.400 passagers de plus à l'international. Eurostar, submergé par des demandes de réservations, a aussi renforcé de huit trains supplémentaires vendredi, soit 6.500 places.

Réunion de ministres à Matignon

Une cellule de crise a été mise en place samedi par le gouvernement qui réfléchit notamment à la possibilité d'utiliser des aéroports militaires pour rapatrier des voyageurs, a annoncé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo. L'objectif est «d'améliorer les conditions logistiques», a-t-il précisé à l'issue d'une réunion de travail à son ministère avec les compagnies aériennes, les voyagistes et les autocaristes notamment.

Le gouvernement veut permettre aux infrastructures aéroportuaires «raisonnablement disponibles dans les jours qui viennent - c'est-à-dire Toulouse, Bordeaux, Lourdes, Tarbes, Pau, Biarritz - et à des aéroports militaires en cours de validation d'augmenter leurs capacités».

Plus tôt dans la journée, plusieurs ministres étaient convoqués par François Fillon pour une réunion sur les conséquences du nuage, «la situation dans les transports, les problèmes d'assurance et de santé». Etaient présents les ministres Jean-Louis Borloo (Ecologie), Brice Hortefeux (Intérieur) Roselyne Bachelot (Santé) et la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Chantal Jouanno.

Les directeurs de cabinet de Christine Lagarde (Economie) et Dominique Bussereau (Transports) ont assisté à la réunion, ainsi que le secrétaire général de la Défense nationale Francis Delon, le directeur adjoint de la DGAC Pierre Schwach et les présidents d'Aéroports de Paris et de Météo France, Pierre Graff et François Jack.

Outre la prolongation de la fermeture de l'espace aérien, Matignon a affirmé que les poussières volcaniques ne comportaient «pas actuellement de risque pour la santé, du fait de la haute altitude et de la dispersion des particules».

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a, lui, demandé samedi aux tour-opérateurs de «prendre leurs responsabilités» pour s'occuper des voyageurs bloqués: accueil, hébergement et rapatriement. Les tours-opérateurs avaient réclamé une réunion d'urgence au gouvernement, disant ne pas avoir les moyens financiers poru rapatrier leurs clients. «Ce n'est pas l'affaire du gouvernement», leur a répondu Bussereau, sur Europe 1.

Dans le reste de l'Europe

Au total, ce sont 16.000 vols qui ont été annulés, samedi, dans l'espace aérien européen, selon l'Organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, Eurocontrol. Et ce n’est pas fini: «Le nuage de cendres volcaniques devrait continuer à perturber la situation au cours des prochaines 24 heures.»

«Aucun décollage ni atterrissage n'est possible pour des appareils civils dans la plupart des pays du nord et du centre de l'Europe», annonce Eurocontrol. La paralysie du transport aérien s'est encore aggravée, ce samedi, dans tout le nord et l'est de l'Europe.

L'Irlande et le Royaume-Uni, premiers pays touchés jeudi, ont dû refermer samedi leurs espaces aériens: jusqu'à 17h (GMT) samedi pour l'Irlande, et minuit, dimanche, pour la totalité du Royaume-Uni. Pourtant, le trafic avait pu reprendre vendredi en Irlande et une fenêtre d'amélioration de quelques heures était même attendue mais les cendres «sont désormais envoyées à une altitude supérieure et par conséquent la zone concernée et le risque pour les avions ont augmenté», a expliqué l'autorité de contrôle aérien d'Irlande, notant une «détérioration».

Tour à tour, les autres pays du nord de l'Europe ont annoncé une extension de la fermeture de leur espace aérien pour samedi: jusqu'à 16h GMT en République tchèque, jusqu'à 18h (20h, heure française) en Autriche, en Belgique, en Suisse et dans le nord de l'Italie. Comme le Royaume-Uni, le Danemark et l'Allemagne ont étendu la fermeture jusqu'à dimanche minuit (GMT).

En Pologne, l'espace aérien restera fermé jusqu'à nouvel ordre, alors que le pays, attendait l'arrivée de plus de 80 délégations étrangères pour les obsèques du président Lech Kaczynski, dimanche.

«L'espace aérien du sud de l'Europe, comprenant l'Espagne, le sud des Balkans, le sud de l'Italie, la Bulgarie, la Grèce et la Turquie reste encore ouvert et des vols sont prévus dans ces pays», indique Eurocontrol. Mais l'espace aérien du nord de la Croatie a été fermé samedi matin.

La paralysie du trafic aérien coûte plus de 200 millions de dollars (147,3 millions d'euros) au secteur par jour, a estimé l'Association internationale du transport aérien (IATA).

«Les prévisions actuelles montrent que la situation s'aggrave pour l'ensemble de la journée de samedi», ont annoncé vendredi les services britanniques du contrôle aérien (NATS). Des restrictions qui avaient été levées en Ecosse, Irlande du Nord et dans le nord de l'Angleterre ont été réimposées.

Ironie du sort: le trafic aérien en Islande était épargné.

Par ricochet, des perturbations se font ressentir dans le monde. Ainsi, la plupart des vols des compagnies américaines en provenance ou à destination de l'Europe ont été annulés vendredi. Et des dizaines de liaisons ont aussi été annulées entre l'Asie-Pacifique et l'Europe.

La paralysie du trafic aérien coûte plus de 200 millions de dollars (147,3 millions d'euros) au secteur par jour, a chiffré l'Association internationale du transport aérien.

Du côté du volcan

L'éruption du volcan au sommet du glacier Eyjafjallajokull, dans le sud de l'Islande, ne montrait aucun signe d'accalmie. Des experts ont averti qu'elle pourrait durer au moins plusieurs semaines.

Aucune victime n'est à déplorer, mais les nuages de cendres peuvent limiter la visibilité et risquent d'endommager les réacteurs des appareils, même si elles se situent à très haute altitude. De légers dépôts ont été observés en Ecosse, sans que cela ne constitue un risque sanitaire sérieux

source: liberation.fr

Publié par therese